La finance internationale décomplexée.

Publié le par Asse42

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Ce qui est en train de se jouer ces jours-ci dans la zone euro
avec l'attaque par la finance internationale de la Grèce est un véritable rapport de force susceptible de bouleverser l'ordre international financier...ou non.
L'attaque sur la Grèce proviendrait de deux Hedge-funds n'ayant pas été content de ne pas être assez associés à l'émission d'emprunt grec l'année dernière. S'ensuit une guerre revancharde pariant sur la faiblesse financière du pays donc sur sa difficulté à rembourser les crédits donc à lui baisser sa cotation internationale donc à le fragiliser et donc lui mettre le couteau sous la gorge. Seulement cette attaque individuelle, si elle est confirmée, déstabilise au-delà de la Grèce puisque celle-ci fait partie de la zone euro et est donc lié aux autres pays de la zone euro. Autrement dit ce pays ne peut rien faire tout seul d'autant plus que l'Europe financière, via la BCE, tient énormément à son indépendance. La Gréce en situation de faiblesse doit attendre le bon vouloir de ses "partenaires" européens.

Mais là est évidemment le noeud du problème car il y a une lutte d'influence à l'échelle mondiale entre la finance internationale, soutenue par le FMI, et la zone euro. Cette zone euro qui bénéficiait d'une situation florissante jusqu'à éclipser de plus en plus le dollar dans les relations internationales. Certains états du golfe persique préféraient de plus en plus être payés en euros plutôt qu'en dollars! Grave crime de lèse-majesté et surtout attaque contre la souveraineté des USA. On peut donc voir dans cette attaque contre l'euro une volonté de l'affaiblir pour redonner sa toute puissance au dollar et ainsi conserver l'influence nécessaire pour peser dans les relations internationales.

Face à cette attaque financière l'Europe n'est évidemment pas préparée. Dominée qu'elle est depuis de trop nombreuses années par la propagande ultra-libérale, qui fait le bonheur des financiers internationaux comme par hasard, elle a toujours refusée d'envisager une unité économique pour faire face aux défis mondiaux. Ben voyons...On se met ensemble pour faire une monnaie commune mais chacun reste dans son coin. On reconnaît bien là une logique ultralibérale destructrice des intérêts des nations européennes. Menée il faut bien le dire par les anglo-saxons et en premier lieu l'Allemagne. L'Allemagne qui, de par sa position ultradominatrice dans l'économie européenne, impose de plus en plus un diktat ultralibéral pensant lui profiter. En gros c'est chacun se débrouille comme il peut.
La France comme à chaque fois est à la remorque de l'Allemagne tellement elle est dépendante du bon vouloir de son puissant allié. Nous sommes enchaînés et soumis malgré les rodomontades publiques. C'est l'Allemagne qui va décider comment venir en aide à la Gréce. Et quelles solutions envisage-t-elle? Et bien sans surprise une souscription obligatoire des banques publiques de la zone euro aux émissions d'obligations grecques par exemple, tiens donc, une ingérence accrue dans les affaires financières de la Gréce, qui il est vrai ont été souvent opaques surtout sous des gouvernements libéraux de droite..., et, bien sûr, une réduction drastique des investissements et dépenses publiques. La même logique que le FMI ferait face à un état du tiers-monde. Et cela pour éviter son intervention bien sûr. L'Europe serait humiliée de faire constater au monde son manque d'architecture financière commune concernant sa monnaie unique ce qui démontre bien toute la faiblesse de cette construction européenne libérale.

Un gouvernement de la zone euro.

On semble inéluctablement se diriger vers une ponction encore une fois des actifs publiques, donc ceux des citoyens, pour venir en aide à un pays attaqué par des intérêts privés spéculatifs. On peut trouver que l'on cède bien vite à cette attaque, mais certains ultralibéraux pensent que c'est le bon moment pour appuyer le couteau sur la gorge de l'Euro. Le FMI reste en attente dans une posture bienveillante pour mettre un pied dans cette zone euro et ainsi peu à peu l'orienter comme il le décide. Il attend goulûment et tranquillement, jouant sur les deux tableaux dans une posture gagnante-gagnante décomplexée.
Mais si refuser l'entrée du FMI dans la zone euro est une bonne chose pour nous on peut se poser des questions pour d'autres pays? Ce serait donc le diable le FMI pour qu'on repousse son offre d'un revers de main? Et en quel honneur? Pour nous oui mais pas pour les pays pauvres? Ah...Merci de nous éclairer sur le fonctionnement de ce fond monétaire international qui a pour objectif de mettre la main sur les finances des états souverains plutôt que le bien-être des peuples. Vous y croyez-vous à l'humanisme du FMI?

La seule solution viable à terme pour la zone euro est bien évidemment de se constituer un gouvernement économique commun, où l'objectif serait de mutualiser les moyens pour se consolider ensemble. C'est ce que dit Ségolène Royal. On en est loin. L'Europe est tellement dominée par son dogme de la concurrence libre et non faussée qu'elle a en tête la disparition des services publics pour faciliter l'entrisme des puissances financières internationales qui attendent de mettre la main sur ces joyaux de nos sociétés. Joyaux oui, lorsqu'on regarde seulement un an arrière et l'effondrement d'une bulle financière mettant à la rue des millions de citoyens.
La constitution d'un gouvernement de la zone euro serait le signal que l'Europe veut enfin se construire collectivement et pense que finalement ensemble nous sommes plus fort. C'est bête comme chou hein? Pourtant on a rien trouvé de mieux pour construire une société humaine. Vous imaginez la guerre de tous contre tous? Vous imaginez chacun pour sa gueule? Vous imaginez écraser son voisin? C'est pourtant là où la finance internationale veut nous mener en divisant pour mieux régner. Elle nous met au pied du mur en pariant sur le fait que la zone euro ne sera pas assez solidaire pour envisager une solution collective, ou alors que cette solution au final lui sera profitable. Pensez donc on envisage l'affaiblissement du secteur public en Grèce, une véritable aubaine pour les prédateurs qui attendront avec fébrilité de mettre la main ensuite sur une autre proie. Prochaine victime dans le viseur? L'Espagne? le Portugal? l'Irlande? A bon entendeur.

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Publié dans Désordre mondial

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allobroge 13/02/2010 13:41


une analyse de la gouvernance financiere mondiale qui pose le débat. amitiés


Asse42 13/02/2010 14:47


C'est du moins c'est ce que j'ai essayé de faire en tentant d'apporter un éclairage plus global. En fait j'applique la technique de Ségolène Royal en alliant le local eu global et en observant les
conséquences