Royal et Hamon partage la même analyse du système financier

Publié le par Asse42

Sur la critique du capitalisme financier

Tous les deux sont en lice pour que leur motion soit majoritaire chez les militants socialistes au Congrès de Reims : "L'espoir à gauche, fiers d'être socialistes" pour Ségolène Royal, "Un monde d'avance, la gauche décomplexée" pour Benoît Hamon.

Hier, sur France Info, lors de l'émission "Parlons net !",  Benoît Hamon, représentant de la "gauche du PS" et très critique vis-à-vis du libéralismea toutefois salué le discours du 15 octobre dernier de l'ex-candidate à la présidentielle:

"J'observe que Ségolène Royal, dernièrement, a fait un discours remarquable sur la lutte contre le capitalisme financier".

Discours, qui s'inscrit d'ailleurs dans la continuité des critiques émises par elle depuis des mois sur la priorité donnée par les banques à leurs activités spéculatives au détriment de leur mission de garantie des dépôts des épargnants ou des crédits orientés vers la croissance.

Ainsi Ségolène Royal avait-elle fustigé les dirigeants de la Société Générale lors de l'Affaire Kerviel et même évoqué son éventuelle renationalisation, à Argenteuil, le 30 janvier 2008.

Ségolène Royal de critiquer alors le rôle des dirigeants de la Société Générale comme elle le fait encore aujourd'hui pour toutes les banques mises en cause dans la crise actuelle et dont les fraudeurs devraient exclus de la profession bancaire.

En septembre 2008, elle avait proposé la création d'"une banque nationale" pour accorder des crédits aux PME comme elle avait réclamé l'instauration d'"une réglementation ferme" pour que les banques "cessent leurs abus de tarification" qui poussent les ménages au surendettement.

Benoît Hamon prône aujourd'hui la création d'un "pôle financier public pérenne" quand Ségolène Royal réclame le maintien des nationalisations de banques en cours, les deux exigeant l'abandon de la privatisation de la Poste.

Au-delà des dérives du capitalisme financier, un des journalistes, lors de l'interview de Benoît Hamon, a évoqué des dialogues de blogueurs pro-Hamon et pro-Royal constatant un nombre important de convergences sur les idées, tous s'estimant, au final, "les plus à gauche" !

Sur l'émergence d'une nouvelle génération post-libérale au PS

Il est certain que le credo "libéral ET socialiste" de Bertrand Delanoë, immédiatement dénoncé par Ségolène Royal, ne peut qu'inquiéter les militants soutenant Benoît Hamon...

Mais pareillement, et au-delà de ce qui est apparu comme une polémique sémantique, il est certain que Ségolène Royal a toujours, notamment lorsqu'elle était ministre, fustigé la toute-puissance du marché et le recul de l'Etat.

"Il faut que l'Etat, donc que les valeurs collectives, prennent le dessus par rapport à la loi du marché", déclarait-elle déjà à "l'Heure de Vérité" en 1992...

Benoît Hamon veut un renouvellement générationnel au PS - comme Ségolène Royal met en avant "une nouvelle équipe" - pour en finir avec l'hégémonie des "anciens" qui pensaient que le socialisme était compatible avec le (néo)libéralisme.

"Un certain nombre de nos dirigeants sont prisonniers des certitudes qu'ils avaient jusqu'il y a encore quelques semaines, et qui font qu'ils ont été très directement associés, idéologiquement et intellectuellement, à ce qu'a été une forme de déclin de la social-démocratie européenne, par conversion, en matière économique, au néolibréralisme", tranche Benoît Hamon.

Il estime donc que la crise actuelle montre que la gauche du parti avait raison, comme Ségolène Royal affirme que ses prises de position antilibérales sont validées par l'actualité économique. Pour elle : "la page du libéralisme est tournée".

Les pommes de discorde

Elles sont multiples, et c'est bien normal!

Royal défend avec Gérard Collomb une motion favorable à un dialogue voire plus avec les électeurs "démocrates" aujourd'hui opposés à la droite sarkozyste, ce à quoi s'oppose fermement Benoît Hamon dans sa propre motion. Aucune alliance autre qu'avec l'ancienne "gauche plurielle" pour ce dernier.

Economiquement, on trouvera évidemment des orientations divergentes et dans les soutiens de Benoît Hamon de féroces opposant(e)s à Ségolène Royal.

Sur les questions sociales et sociétales idem...

Néanmoins, cette interview est intéressante. Car loin de donner l'impression d'un parti au bord de l'explosion, Benoît Hamon, tout en restant ferme sur ses convictions, montre combien le débat d'idées autorise autant d'accords que de désaccords, autant de convergences que de divergences, le tout au-delà des querelles de personnes...

Pour finir, le classique : "les militants trancheront"... enfin après les sections (ça c'est pour les initiés)...

 

Sources : France Info, France Inter, France 3, Le PostLe Monde.fr, NouvelObs.com, SudOuest.com

 

Article publié par Citoyen RJ sur Le Post.

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asse42 23/10/2008 16:21

Pour te dire franchement mon avis,je suis plus en accord avec les valeurs socialistes défendues par cette gauche que par le social-libéralisme jospiniste. C'est clair.

Mais le problème avec cette gauche Hamon c'est qu'elle est dogmatique. Au sens où elle est sans concessions et s'arrêtent trop sur le passé pour pouvoir inventer l'avenir. C'est une gauche de lutte des classes, de combat. En ce sens elle est intéressante mais il lui manquera toute la dimension républicaine du socialisme qui a vocation à rassembler l'ensemble de la société sans brutalité.

Donc je veux bien croire qu'Hamon ait des bonnes intentions,et nous nous sommes plutôt vent debout contre le jospinisme, mais il n'incarne pas l'ensemble du socialisme d'avenir. Je dirais qu'il peut mieux faire;-) La démocratie participative, la France métissée,un grand parti populaire, la clarté dans les alliances sans sectarisme c'est plutôt de notre côté.

PeutMieuxFaire 23/10/2008 15:03

Effectivement et heureusement qu'il y a des convergences d'analyse sur la crise financière et même au delà de ces 2 motions probablement.

J'ai déjà remarqué que les soutiens de la motion "Colomb-Royal" avaient de l'indulgence pour B. HAMON. Avec la divergence sur les alliances, je n'imaginais pas qu'un rapprochement soit possible. Je ne voudrais pas apparaître perfide mais n'est-ce pas aussi parce que les inimitiés, plutôt d'ordre personnel d'ailleurs, empêchent d'autres rapprochements politiquement plus évidents au départ ?

Je crois que c'est chez vous que j'ai lu la paraphrase "ne te demande pas ce que le parti peut faire pour toi, mais ce que tu peu faire pour le parti".
Cette phrase il serait grand temps de l'appliquer, non aux militants mais aux leaders : si le "travailler collectif" de l'une ou "l'ambition au frigo" de l'autre pouvaient être autre chose qu'une posture.

N'y a t-il pas, avec le contexte (crise et congrès), l'émergence de fédérer le parti autour personnalité symbolique du renouveau qui se révèle tout à fait à son aise face aux médias.