Ambiance de campagne: Et au milieu coule une rivière.

Publié le par Asse42

Les jours passent et monte une clameur venant de chaque réunion. Présentation de motion, AG des motions... Ce long cortège de rencontres nous traverse avec douleur et délice. Car nombre de nos camarades doutent encore et toujours. Mais un fait nouveau apparait d'une manière quasi systématique dans mon département. Le doute n'est pas entre notre motion E et celle de Bertrand Delanoë ou celle Martine Aubry, mais avec celle de Benoit Hamon. Ils et elles voient en cette motion peut être l'avénement d'un avenir meilleur où tout changerait dans la destruction du neo libéralisme et soyons fous du capitalisme, de l'économie, du libre échange et j'en passe... Il est vrai que les évènement de ces dernières semaines donnent aux militants l'envie de refaire un "coup d'Internationale". Mais franchement peut on dire qu'avec ces vieilles recettes nous pourrons faire du "passé table rase". Seulement pour ceux qui ont un département qui n'a pas comme ville Paris,Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Strasbourg... se voient confronter au fait que ces chants de sirènes sont bien séduisants, face à notre discours réaliste. Je sais que la Loire est un département particulier où se mèlent en faveur de la motion de Benoit Hamon de fortes personnalités, un bassin ouvrier très présent, une économie en stase et un parti communiste qui dans le passé a été très puissant en ces contrées: mais il me semble que les échos d'une époque révolue essaient encore de charmer les militants de notre parti.

.    Je suis pour que nous tendions à un idéal sans constamment nous cacher derrière un pragmatisme, pour que nous permettions aux Français de pouvoir se rêver dans une autre société, un autre monde moins dur moins injuste. Mais la démagogie qu'emploient nos adversaires est sans fin. Le juste chemin à trouver est une chose complexe entre les attaques incessantes et souvent sous la ceinture de certains et les amphases passéistes des autres. Pourtant, à chaque réunion, à chaque rencontre, à chaque discussion l'espoir en moi renaît, car notre combat est compris. Celui de la justice, du renouveau mais surtout de l'honnêteté. Car elles et ils n'en peuvent plus des prises de position de "façade" qui sont si vite oubliées. Ils et elles savent que notre système doit changer, mais détruire pour détruire n'apportera rien de bon à nos concitoyens. Elles et ils savent que les candidats aux ego trop boursoufflés pour entendre les doléances des militants ne seront pas des éléphants fiers et utiles mais des mammouths nous entrainant dans leur exctinction. Ils et elles ne demandent qu'une chose pour nous suivre sur le chemin exigeant que nous leur ouvrons c'est la certitude de pouvoir à nouveau être fiers d'être socialistes.

    Nous avons le 17 octobre eu à Saint Etienne une assemblée générale des motions (il y en aura en tout 2 dans le département de la Loire), Charles Fiterman est venu défendre la motion E face aux autres. Le débat fut bon, courtois de la part des 6 représentants des motions devant 130 à 150 personnes. Les interventions qui suivirent le furent moins. Je passerai sur des personnes "travaillant" pour certaines motions qui utilisent le moment pour faire une présentation supplémentaire de leur motion (souvent en double voir triple); cela a tendance à agacer les personnes présentes. Je passe les saillies vibrantes d'émotions de militants regrettant le manque de virage à gauche de la plupart des motions, sans pour autant écouter ce que leur répondent les intervenants. Et viennent les torrents de boues envers Ségolène Royal, ces diatribes ont plus des accents de remontraces d'amoureux et d'amoureuses éconduits que de remarques constructives et productives. Je ne vous cache pas mon amusement et après tout ma joie lorsque certains et certaines qui vilipendaient Ségolène 1 heure auparavant me demandaient pour sa venue le lendemain dans notre ville si je pouvais m'arranger pour qu'ils soient pris en photo avec elle. La nuit passa....

    Le lendemain matin à 9h je défendais notre motion face à un ex ministre et un ex député/député europeen et un conseiller général et adjoint à la mairie de Saint Etienne. De nouveau une violence toute perfide s'abatit sur notre motion venant du fan club dans la salle. J'ai décidé de parler du fond et surtout de militant à militant laissant les autres motions dans leur positionnement de "sachant". Ce fut une bonne chose car de nombreux militants exprimèrent leur mécontentement face à l'autisme des dirigeants du parti.Pas le temps de déjeuner (ni de petit déjeuner d'ailleurs), me voici parti avec le premier fédéral à l'aéroport pour y accueillir Ségolène Royal qui venait pour la fête du livre de Saint Etienne. A l'heure dite elle franchit la porte et nous voici en route pour la ville. Ce qui se passa ensuite fut des plus galavanisant pour nous et des plus déconcertant pour nos adversaires. Un torrent humain s'abatit sur Ségolène qui brava ce tumulte afin d'offrir à tous ceux venus pour elle, une dédicace, un geste, un regard, un sourire. J'eus du mal à cacher mon hilarité lorsque je vis tout au long de cette après-midi passer ceux qui la veille et le matin même la vilipendaient. Ils et elles se présentaient tels des enfants tout penaud face à Ségolène pour demander une petite signature ici ou là, une photo comme ci ou comme ça. Et je les regardais partir, des étoiles plein les yeux, serrant fort leur livre, leur appareil photo contre eux, avec un sourire qui me rappelle celui des enfants qui cachés sous leurs draps, attendent le 25 décembre au matin de voir ce que le père noël le leur a apporté.

     Nous reussîmes à nous extraire de ce joyeux capharnaüm afin d'aller rejoindre des militants et les médias pour une seconde partie plus posée. De nouveau dans la salle face à nous, je m'émerveillais de voir assis sagement, buvant les paroles de Ségolène sans jamais ne l'interompre ni marquer aucun désacord; d'autres opposants à sa personne et à notre motion parmi les plus virulants. Ce fait fut remarqué par les médias locaux nourris des remarques acides des élus de notre département envers D.A. et Ségolène Royal, qui relatèrent l'engouement et l'appuyèrent comme général. Rien ne sera comme avant à Saint Etienne; nos opposants le savent maintenant. Le combat continue jour après jour, rencontre après rencontre. Mais le plaisir que j'ai eu, c'est d'entre-apercevoir la possibilité qu'autour de notre motion l'union est faisable et cela bien au delà des courants adjacents au nôtre. Ils nous aboient dessus, ils nous ostracisent car ils nous aiment plus qu'ils nous haissent. 

 

Gilles Rossary Lenglet

Animateur D.A. 42

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