Ségolène Royal rafle la mise.

Publié le par Asse42

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On n'est pas au casino ni dans un jeu de hasard quelconque mais il faut reconnaître que les deux sorties télévisées de Ségolène Royal sur les retraites l'ont installé de nouveau sous les feux de la rampe avec naturel. Le mouvement social peinait à faire entendre une contre-proposition crédible sur la réforme des retraites, Ségolène Royal en deux coups bien sentis a réussi à faire rebondir le débat. Oui il existe d'autres solutions pour régler le problème des retraites et oui elles sont de gauche. Il existe maintenant un moyen de pression à faire sur le gouvernement pour qu'il revoie totalement sa copie. Cela ne pourra que renforcer le mouvement social car l'espoir a changé de camp en une semaine.

 

C'est toute la force de Ségolène Royal et qui fait son originalité au sein des leaders du PS. Une originalité combattue avec acharnement en interne parce qu'elle s'appuie sur une vision venant de la base et non du haut de la pyramide. Or le PS d'Alain Minc, d'Aubry, Fabius, Jospin, Rocard, Lang, DSK etc... a été pendant des années le bras armé du libéralisme débridé. Avec une vision européiste ils ont accepté que l'on construise l'Europe sur le dogme de la concurrence libre et non-faussée et sont même allés jusqu'à vendre les services publics au privé à Barcelone. Cette vision social-démocrate de l'avenir est périmée pour la gauche car elle laisse penser que la gauche est soumise aux pouvoirs financiers.

 

C'est dans cette océan de compromission corrompue de la classe politique que Ségolène Royal apparaît incarnant le message de gauche au parti socialiste. Clairement et fièrement. A un point tel que le journaliste dimanche soir lui reproche presque d'incarner à ce point le projet socialiste! Pourtant elle n'a fait que deux grosses émissions politiques. Mais on l'a entendue. On l'a entendu car elle n'hésite pas à se jeter dans la mêlée et à prendre des risques. Elle s'expose avec bravitude face à la meute de la droite et de l'editocratie soumise aux dogmes du libéralisme. On voit bien qu'au parti socialiste il n'y a qu'elle pour cela à le faire aussi franchement et à nous défendre avec autant de punch et de pugnacité. Aubry est molle et DSK est un allié de la sarkozie.

 

Le problème sera ensuite un problème sur le fond. L'appareil du parti socialiste étant dominé par les sociaux-démocrates il ne vont pas accepter que l'on s'en prenne à leurs amis  financiers. Pour eux d'ailleurs cela s'apparente à du populisme car ce n'est pas dans leur culture. Ils ne comprennent pas que Ségolène Royal puisse défendre autant la vision populaire alors qu'ils baignent, eux, dans les sphères bourgeoises du pouvoir.

Comme de plus c'est une fine politique elle a parfaitement compris qu'elle ne doit pas diviser son camp pour avoir une chance de gagner contre sarkozy en 2012. Il lui faut donc amener cet appareil socialiste à se soumettre à l'évidence: la ligne politique doit être offensive et non complaisante avec les financiers. Or c'est en grande partie pour ce populisme là que les leaders socialistes ne l'ont pas soutenu en 2007.

 

Au final il se trouve que c'est Ségolène Royal qui incarne la gauche à chaque fois qu'elle se présente devant les médias. Elle décline parfaitement les mensonges de la droite et les propositions de la gauche tout en tapant là où ça fait mal. Attaquer les pouvoirs financiers alors que l'on sait que ce sont eux qui financent les élections, notamment présidentielles, c'est prendre un risque d'affrontement futur. Seulement cela elle l'a déjà vécue en 2007. Elle est blindée. Elle a eu à affronter aussi le pouvoir policier puisqu'elle était contre le ministre de l'intérieur de l'époque qui a tout tenté pour lui nuire comme les mises à sac de son appartement ainsi que des locaux Désirs d'avenir. Elle sait contre qui elle va devoir lutter. Contre le pouvoir occulte qui tient le pays. Et pourtant elle y retourne avec courage et détermination. On ne peut être qu'admiratif.

 

On ne peut pourtant pas de s'empêcher de penser: avec qui? Qui sera assez couillu pour la suivre sur ce chemin? Je parle des grands leaders bien sûr, celles et ceux qui ont encore du poids médiatique et qui devront monter en première ligne si elle est choisie. C'est là tout le problème bien sûr et c'est bien pourquoi pour s'épargner ce dilemme dans l'esprit de l'appareil socialiste il n'est nulle question d'un retour de Ségolène Royal. On se contente de l'utiliser comme un épouvantail face à la droite croyant qu'ils pourront ensuite tirer les marrons du feu tranquillement soit pour DSK soit pour Aubry. Ils prennent un risque. Ségolène Royal peut enflammer de nouveaux les foules si elle se lance dans la bataille et renverser le rapport de force au PS pour finir par la rendre incontournable. En tout cas dans l'opinion des militants socialistes elle est toujours présente et garde son charisme intact comme on peut le constater avec ses dernières interventions médiatiques sur les retraites qui ont redonné une visibilité et un espoir à la gauche.

 

C'est donc contre toute attente, et sur un sujet aussi crucial pour la gauche que la défense de la sécurité sociale, Ségolène Royal qui a raflé la mise au PS. Voilà qui doit faire tousser dans l'appareil et dans les entourages respectifs. Certes on joue encore l'unité mais on est obligé de la soutenir puisqu'elle-même s'est appuyée sur le projet socialiste tout en lui apportant sa "segotouch" en le radicalisant encore plus. C'est un avertissement sans frais pour l'appareil. Voyons qu'elle sera sa réaction dans le futur et cela m'étonnerait qu'il laisse encore autant d'espace médiatique à Ségolène Royal sur des sujets fondamentaux pour le pays. Hier on a retrouvé notre présidente et on était fiers, qu'ils se le disent.

 

On ne se lasse pas de voir et de revoir la vidéo de son intervention: ( Si la vidéo n'apparaît pas veuillez recharger la page).

 

 

Publié dans Ségolène Royal

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Radik 16/09/2010 16:41



Un ticket Ségolène Royal / Eva Joly ou équivalent ne pourrait-il être bien accueilli par les participants aux primaires ?


Il serait déjà de nature à inquiéter les margoulins de gauche et de droite (imaginons par exemple les changements induits par la levée du Secret Défense abusif ...)



michel82 13/09/2010 18:55



je trouve que depuis quelques temps son discours se rapproche de plus en plus de celui de Mélenchon (qui lui est de tonalité constante), et je m'en réjouis. Et s'il y avait quelque chose à
construire de ce côté là ? Car il serait illusoire de penser que la clique droitière du PS, celle des Collomb, DSK, Lang, fabius et cie ne lui savonneront pas la planche. Comme elle n'a rien à
attendre de ce côté, pourquoi ne pas aller voir ailleurs si des choses sont possibles?



Asse42 13/09/2010 18:58



Franchement Michel, c'est ce que je pousse à comprendre pour la suite. On doit défendre le socialisme et pas la social-démocratie.