Ségolène Royal impose le débat et bouscule les appareils politiques.

Publié le par Asse42



Encore une fois Ségolène Royal met franchement les pieds dans le plat et bouscule les appareils politiques en prenant très clairement position sur une future stratégie d'alliance contre la droite sarkozyste. Tout le monde est d'accord pour dire qu'il faudra s'allier pour gagner et personne ne le fait. Paraîtrait qu'on aura le droit d'en discuter après le premier tour. Pas avant. La priorité pour les appareils politiques sera donc de se compter avant de négocier. Est-ce vraiment la bonne formule à appliquer?

C'est en tout cas ce qu'on nous propose depuis toujours...ou presque. On dit donc aux citoyens de voter d'abord pour l'un ou l'autre, ce que Bayrou et d'autres appellent le pluralisme, et ensuite on rentre dans une négociation de liste. Ce qu'on appelle du grand marchandage électoral. Croyons-nous que l'on discute véritablement du programme pour savoir si on s'allie? Ou si on choisit suivant son intérêt? Le Modem, par exemple, va voir qui va lui faire la meilleure offre avant de s'allier? C'est ça la nouvelle façon de faire de la politique?

Ségolène Royal a une autre conception de la politique et elle est plus claire. Elle propose une alliance dès le premier tour. Bien sûr que si on analyse d'une manière politicienne c'est pour être plus forte au premier face à la droite. C'est évident. Mais c'est aussi montrer aux citoyens que le projet porté par la majorité sortante porte des valeurs et un bilan qui peut être partagé par d'autres. Comme semble le dire les uns et les autres puisqu'en Poitou-Charentes les verts et le PC, même le Modem, pensent que la présidente fait du bon travail. Elle incite donc toutes celles et ceux qui se réclament du camp du progrès à la rallier dès le premier tour. Avec leurs différences bien sûr mais dans le respect des citoyens qui sauront pourquoi ils voteront pour cette liste.

Ça change tout. C'est plus clair comme stratégie mais évidemment cela ne plaît pas aux appareils qui dépendent des votes pour négocier ensuite des élus. C'est là tout le problème de notre sphère politique. Elle ne prend pas en compte les aspirations citoyennes mais les intérêts d'appareils. Car une alliance dès le premier tour, dès maintenant, 4 mois avant les élections, permettrait aux différentes formations politiques d'avoir le temps d'expliquer à leur électorat leur vision de cette alliance. Mais cela reviendrait à accepter la démocratie participative militante citoyenne comme Ségolène Royal s'était clairement engagée à Reims. Malheureusement c'est contre cela que les grands leaders socialistes se sont unis. Et donc plus généralement au-delà du PS ce conservatisme est partagé par l'ensemble de la classe politique. Rare sont ceux qui soutiennent publiquement cette initiative.

Pourtant il faudra bien un jour que les aspirations citoyennes soient prises en compte par les appareils si l'on veut faire progresser la démocratie. Les uns et les autres assènent leur vérité mais sans savoir si cela est partagé par une majorité de militants ou non. Faisons voter les militants socialistes pour avoir une vision claire de la situation. Voilà une conception de la démocratie participative si chère, parait-il dorénavant, à la direction du parti socialiste. La politique ce ne sont pas que des mots, ce sont aussi des actes.

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JEAN-LOUIS MURAT 06/12/2009 20:22


La réponse de Bayrou est claire et prévisible, il a toujours tiré vers la droite ses votes et son électorat. Une partie de ses électeurs et de ses militants ne comprendra pas ses hésitations,
dignes des errements du passé. Lui qui veut,soi-disant, faire de la politique autrement.L'important c'est que la proposition a été faite et qu'il appartient au électeurs et au militants du Modem de
trancher et de voir s'ils préfèrent soutenir,comme vote Bayrou, in fine Sarkozy, qui ruine la France par son dogmatisme néolibéral ou Ségolène Royal qui propose un autre projet pour la France et
pour sa Région.C'est clair et net, ce ne sont pas des tractations de couloir pour des places qui peuvent faire une politique mais un débat franc et participatif entre tous les intéressés par
l'Avenir