Ségolène Royal en leader national.

Publié le par Asse42

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Les élections régionales viennent de s'achever sur une large victoire de la gauche comme attendue
. Finalement il n'y a pas eu de bouleversements telluriques d'envergure si ce n'est que Sarkozy est toujours autant honni dans le pays, que la gauche garde ses régions, gagne la Corse et perd la Réunion plus la Guyane, et le FN lorsqu'on lui laisse la possibilité de faire valoir ses idées est toujours vivant! On le croyait mort le FN? Que nenni. La droite UMP qui pensait l'avoir abrité en son sein se rend compte que le serpent n'en finit pas de se régénèrer et reste à l'affût de ses propres turpitudes. Aujourd'hui le FN peut remercier la campagne faite en son honneur par Besson qui sera passé du PS Jospiniste au FN. Belle trajectoire pour un traître en politique...

Quelles conclusions pour Sarkozy?

Cette défaite électorale puissante va l'obliger à faire des remaniements mais pas dans le sens attendu par la gauche. Il va au contraire se recentrer sur la droite chiraquienne qu'il avait snobé et crût absorber. J'en fais le pari. Il est maintenant tout entier tourné vers 2012. La droite avec lui. Elle va donc lui mettre la pression pour qu'il se recentre sur l'UMP et qu'il fasse une place visible aux Villepinistes. Devra commencer donc un jeu donnant-donnant entre les courants antagonistes à l'intérieur de la droite. Cette défaite vient de mettre un terme en tout cas à l'hégémonie sarkozyste sur l'UMP a moins de vouloir se suicider politiquement.

Quelles conclusions pour le PS?

Martine Aubry a perdu son pari et dans les grandes largeurs finalement. Parce qu'elle n'aura pas su surfer sur la vague du mécontentement envers la sarkozie pour faire le grand chelem et convaincre les électeurs que la gauche c'est mieux. On peut dire que la gauche reste peu ou prou sur ses positions de 2004. Est-ce vraiment une victoire pour Aubry et sa candidature présidentielle pour 2012 comme de suite le très fabiusien Weber a lancé le mot d'ordre dès les résultats proclamés? Donnant ainsi l'impression que peu importe le résultat final des régionales, toute cette séquence politique n'avait en fait qu'un but pour Solferino: mettre dans le jeu martine Aubry pour 2012 après sa déculottée des européennes. Cela me laisse le même sentiment que lors des municipales à Paris, par exemple, où le PS face au grand vide n'avait pas su enfoncer un coin sur la droite et s'était contenté de rester sur ses bastions de gauche. C'est pareil aujourd'hui. Ce PS n'a pas su enfoncer un coin dans la droite. La seule victoire en corse est dûe aussi à un large rassemblement des forces de gauche, au-delà du PS, et du maintien des indépendantistes avec lesquels nous allons devoir comptés pour la suite.
Pour résumer brutalement je dirai qu'il n'y a pas eu d'effet Aubry. Loin de là même. D'ailleurs,contrairement à 2004 solferino n'a pas eu à combattre. Il s'est contenté d'accompagner le bon bilan des présidents de région. C'est tout.

Quelles conclusions pour Ségolène Royal?

La conclusion est que Ségolène Royal a un très bon bilan dans sa région. Elle augmente encore son score par rapport à 2004 ce qui valide la politique qu'elle a menée pendant 6 ans avec son équipe et ses partenaires. Elle fait le troisème score au final du PS si on compte Lurel élu dès le premier tour en Guadeloupe et Malvy avec 67,5% en Midi-Pyrénées. Avec 61% on peut dire que c'est un véritable plébiscite dans une région qui passe de plus en plus, depuis 2004, du bleu au rose. Mais Ségolène Royal c'était aussi la seule figure politique d'envergure nationale à se présenter à ses élections pour la gauche. N'en déplaise, amicalement, aux autres présidents de régions de gauche. Elle a donc réussie son pari, celui d'une confortable réélection.

Cette large victoire politique la remet tout naturellement dans le jeu pour 2012 auprès des militants socialistes et au-delà. Nul ne peut penser qu'elle ne fait pas partie des possibles candidatures pour 2012 et pour le PS. Martine Aubry s'est d'ailleurs bien gardée de l'ignorer tout en lui promettant un enfermement de première classe en l'appellant à rejoindre le "cœur" du PS que serait Solferino. C'est-à-dire, si on sait lire entre les lignes, se ranger derrière son panache mis en place par le trimuvirat DSK-Fabius-Aubry parmi lequel se choisirait le candidat PS pour 2012. Ben voyons.

Ségolène Royal a parfaitement évité le piége de la division hier en se mettant naturellement dans la peau d'un leader d'envergure national. Son message clair était de dire qu'il fallait maintenant travailler pour le pays. Pas pour faire gagner un camp, ou un clan. Cela annonce qu'elle ne changera rien à sa stratégie de mains tendues à l'ensemble des bonnes volontés politiques qui voudront rejoindre son projet socialiste, écologiste, humaniste qui est conforté par sa magnifique victoire. La ligne politique qu'elle suit depuis 2004 avec détermination trouve sa concretisation électorale en 2010. On l'a jugée non sur sa bonne mine mais sur son bilan et sur son projet pour l'avenir. Ce projet régional sera le même qu'au niveau national pour la gauche n'en doutons pas. Elle s'est donc naturellement positionnée en leader national pour l'avenir. Et c'est une bonne nouvelle pour les citoyens de ce pays qui en appelle à la dignité, à l'éthique, à la politique par la preuve et pour commencer, enfin, à une république du respect.


Régionales 2010 en Poitou-Charentes : VICTOIRE "ROYAL"
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Elie Arié 23/03/2010 22:09


Après les Régionales, la fête n’aura pas duré 24 heures...

Le soir même, dans leurs commentaires, Ségolène Royal, Arnaud Montebourg, Gérard Collomb (sans parler de Georges Frêche) ont bien expliqué que la victoire aux régionales n’était pas celle d’ Aubry
ni du PS (sans les citer), mais celle des « Présidents des Régions », donc des victoires strictement personnelles de bons gestionnaires –c’est-à-dire apolitiques.

L’incompatibilité semble totale, à Europe Ecologie, entre

-d’une part Daniel Cohn-Bendit, qui défend à la fois une organisation très atypique du mouvement, séparé entre une « base associative » floue et pas obligatoirement encartée qui devrait inspirer et
avaliser toutes les décisions d’une direction aux pouvoirs très réduits, et aussi un accord programmatique avec le PS permettant de se rallier d’emblée à son candidat aux présidentielles en échange
d’une cinquantaine de circonscriptions législatives,

-et d’autre part Cécile Duflot, qui défend l’autonomie des Verts comme parti classique, et la nécessité de présenter un candidat au premier tour.

Mais les difficultés entre PS et écologistes sont surtout apparues lors de l’émission « Mots Croisés » du lundi 22 Mars ; devant un  Copé aux anges, on a entendu

-un François Hollande qui expliquait qu’on allait arriver à un compromis, qu’il fallait maintenir le nucléaire existant mais développer aussi d’autres formes d’énergie, étudier les risques des
nanotechnologies avant de prendre des décisions sur leurs applications, associer à la croissance industrielle une croissance verte,

-se faire renvoyer dans les cordes par Philippe Meirieu, le mieux-élu des écologistes, qui lui a sèchement répliqué que le nucléaire, c’était terminé ; qu’il n’était pas question de
nanotechnologies ; que la croissance verte allait remplacer la croissance industrielle classique, et non s’y ajouter.




Elie Arié 23/03/2010 22:06


Pour une fois, nous sommes d'accord: Royal n'a plus aucune chance d'être Présidente un jour (que reste-t-il de sa stratégie d'alliance avec le MoDem, alors qu'il n'y a plus de MoDem?), mais elle
garde un gros pouvoir de nuisance pour empêcher la gauche de gagner.
Elle finira comme Bussereau, Secrétaire d' Etat aux Transports de Sarkozy en 2012.


francis 22/03/2010 22:47


l'abstention n'empêche pas, à mon sens, de fêter la victoire...
l'abstention aux européennes n'a pas empêche de parler de défaite...
l'influence, c'est comme chacun la sent....

mais je te rassure, asse, pour moi ce n'est pas une victoire éclatante de MA
qui a commis plusieurs erreurs...
 


Max 22/03/2010 20:27



J'ai trouvé étrange, hier soir, que Martine Aubry demande aux Présidents de région "de se remettre au travail" !!! 
Comme une maîtresse parlerait à ses -mauvais- élèves ! J'ai entendu, hier soir tard, France Info s'étonner que Gérard Collomb, maire de Lyon, présent à Solférino, dise à tous les journalistes
présents que c'était une "victoire des Présidents de région". Il cassait l'ambiance, quoi...

@Francis
Moi aussi, je ne comprends pas que le site D.A. soit encore bloqué, alors qu'il y a la vidéo de Ségolène Royal dans son discours de dimanche. Donc, le site n'est pas fermé. Aucun message pour les
adhérents !



francis 22/03/2010 19:21


"On peut dire que la gauche reste peu ou prou sur ses positions de 2004" dit Asse, c'est bizarre tous les commentateurs ont vu le score le plus élevé fait par la gauche depuis 1981... ce qui n'est
pas rien.
"la gauche n' a aps gagné"
toujours ce déni de réalité
pour pouvoir solferino pilonner....


Asse42 22/03/2010 19:23


Je parlais en terme d'influence. Et puis faire le meilleur score dans un océan d'abstention et sans le peuple, il n'y a pas de quoi pavoiser.