Ségolène Royal devant, le PS derrière.

Publié le par Asse42

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Ça y est le PS a lancé son coup d'envoi pour la campagne des régionales. Un coup d'envoi lancé par Martine Aubry comme il est d'usage pour la première secrétaire du parti même si cela doit toujours nous faire un pincement au coeur. On y peut rien, on est socialiste, on veut la victoire du PS, mais on a du mal à être enthousiaste autour de cette direction. C'est le moins que l'on puisse dire.
Martine Aubry a donc lancé la campagne des régionales dont le projet a été défini dans les grandes lignes par une commission dirigée par JL Bianco. Les idées constituant le corps de doctrine socialiste pour les régionales est bâti sur la vision d'avenir de la société portée par Ségolène Royal depuis la présidentielle. La social-écologie, la démocratie participative, le pack autonomie pour les jeunes, les transports. Tout cela n'est donc pas nouveau et constituera donc à l'évidence la matrice du futur projet socialiste du XXI ème siècle. On se demande bien alors pourquoi on a évité de se rassembler derrière la motion arrivée en tête à Reims si ses idées finissent par gagner.

On en a la réponse avec la stratégie que souhaite mettre en place le parti socialiste pendant la campagne des régionales. Aubry va partir à la conquête des territoires poursuivant ainsi son tour de France lui permettant d'aller au contact de toutes les fédérations...mais elle ne sera pas seule. François Hollande lui a fait comprendre qu'il n'entendait pas être éloigné de ce grand magic circus socialiste. Il a bien compris que l'occasion était bonne pour faire connaître ses orientations politiques dans les fédés avant les primaires.
Oui car l'important sera les primaires, personne n'en doute un instant. Tout le monde a bien présent à l'esprit que Ségolène Royal a une fenêtre d'expression idéale avant les primaires avant les régionales. On va donc lui faire du marquage à la culotte. Il est hors de question de lui abandonner le terrain. Il faut que la victoire socialiste s'il y a, rejaillisse aussi sur tous les autres leaders même si aucun n'y est partie prenante.

De l'autre côté ils se rendent bien compte que Ségolène Royal s'est positionnée bien en amont de la caravane du parti. Elle est isolée dit-on, elle s'est libérée du carcan d'appareil dit-elle. Ainsi elle peut faire valoir sa vision politique sans avoir à rendre des comptes aux appareils. Elle veut construire pour l'avenir en rassemblant toutes les forces progressistes autour de son projet.
Les autres leaders à force d'appeler au jeu collectif se contraignent à rester dans la mouvance de la première secrétaire malgré les inimitiés. Leur stratégie est de dire qu'ils joueront collectif pour le PS tout en cherchant un moyen de se différencier pour faire exister leur singularité. Ils doivent donc rentrer dans un jeu politique subtil consistant à ne pas se faire étouffer par Solferino. Difficile équilibre.

Ségolène Royal n'a pas ce genre d'entraves. Elle peut mener sa barque comme elle l'entend. Au grand désappointement de tous les futurs candidats aux primaires qui se demandent quelle stratégie employée pour la diminuer. Lui taper dessus? ça la victimise. L'ignorer? C'est impossible tellement elle est omniprésente. L'isoler? Le soutien militant est encore trop important. L'accuser de jouer individuellement? Cela amène à se rappeler de Reims et ce n'est pas forcément une bonne chose pour cette direction. Alors? Alors ils doivent subir en serrant les dents, le mouvement imposé par Ségolène Royal. Ils savent qu'ils ne pourront pas l'enfermer alors ils se résignent à la suivre, de loin, en espérant un miracle ou un coup bas permettant son élimination pour les futures primaires.
N'en doutons pas tout cela est très subtil. Les attitudes des uns et des autres ne seront jamais franches. Ségolène Royal a au moins cette possibilité là. Elle peut montrer qu'elle n'aime pas cet appareil socialiste car au fond, tout le monde le sait.

Publié dans Ségolène Royal

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