Ségolène Royal / Cohn-bendit l'écologie sociale contre l'écologie politique.

Publié le par Asse42

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Ségolène Royal et Dany Cohn-Bendit, pour Europe Ecologie, s'opposent très fortement sur la taxe carbone. Sur ce débat ce sont deux conceptions politiques de l'écologie qui s'affrontent. Celle de DCB est symptomatique d'une vision politique de l'écologie. Celle de Ségolène Royal est consécutive d'une écologie sociale. Ces deux visions qui s'affrontent ont un même objectif: la réduction des gaz à effets de serre, mais n'entendent pas utiliser les mêmes leviers.

La taxe carbone vue par DCB est basée sur une vision globale et large de l'écologie. On considère le taux de carbone produit par le pays et on envisage des mesures visant à le réduire par la seule méthode connue: la taxe ou l'impôt.  Dans l'esprit de ceux qui font de l'écologie politique cela se tient. En taxant plus les secteurs polluants on incite à diminuer leur activité. Encore faut-il que la taxe s'attaque directement aux plus gros pollueurs or on le sait, ce sont eux les premiers exemptés de la taxe sous le prétexte fallacieux des ultra-libéraux, que les entreprises investiraient massivement dans la recherche. Donc en attendant ce sont les particuliers et les entreprises de premier niveau, liés au territoire, qui subiraient de plein fouet l'impact de cette taxe en attendant que les grosses entreprises veulent bien nous mettre des produits compatibles avec le respect de l'environnement.
On se souvient que le PS, par l'intermédiaire de Martine Aubry, avait massivement soutenue cette réforme initiée par Rocard. Il est vrai que c'est l'homme des usines à gaz administratives. Il adore ça le Rocard. Et lui il préconisait d'y aller encore plus fort sur le montant de la taxe! C'est à cette référence que DCB en appelle à notre intelligence qualifiant les propos de Ségolène Royal de ridicules sur la taxe carbone. Elégant:


"Royal raconte n'importe quoi"
envoyé par Europe1fr. - L'actualité du moment en vidéo.

Ségolène Royal , quant à elle, prône une écologie incitative et non une écologie punitive.
Pensez donc déjà qu'en période où l'on demande à l'état de faire des économies on allait créer une commission chargée de surveiller la collecte de la taxe et de sa redistribution à l'euro près! Ben voyons. Qui y croit franchement?
L'écologie incitative c'est une vision sociale de l'écologie. En deux temps: Subvention à la croissance verte par des baisses de charges incitatives ( donnant-donnant) et incitation à consommer écolgique en baissant la TVA sur les produits verts. Simple non? Et beaucoup plus efficace que l'usine à gaz rocardienne.
Evidemment il y aurait aussi des prélévements obligatoires sur les bénéfices des entreprises liées au pétrole et aux secteurs polluants comme la chimie par exemple. Voilà ce qu'est une fiscalité juste. Qui touche-t-elle? Les entreprises polluantes et leur super bénéfices en temps de crise. Et pour les particuliers il existe déjà la TIPP et la TVA. C'est amplement suffisant! On peut aussi inciter fiscalement à modifier écologiquement son habitat.

Ce sont donc bien deux visions écologistes qui s'affrontent. Une basée sur un enjeu global mais déconnecté de la réalité quotidienne des peuples, l'autre qui la prend en compte et qui s'attaque aux gros pollueurs. Deux conceptions de l'écologie pour l'avenir. Ségolène Royal prône depuis toujours l'éco-sociétalisme et le met en oeuvre dans sa région. La croissance verte doit permettre de faire émerger une gamme de produits, de biens et de services respectueux de l'environnement. C'est cela que nous devons inciter et la planéte nous dira merci.


Les liens utilisés pour ce billet sont dans ce Pearltree:
 SR / DCB L'écologie sociale contre l'écologie politique.  

Publié dans Politique

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Elie Arié 25/03/2010 23:36


Extraits de l'interview de François Hollande dans "l' Express" du 25.3.10:
http://tinyurl.com/ygvaka3

"Je récuse l'irrationalité. L'émotion, la séduction, l'envie ne sauraient être les déterminants d'un engagement: seule compte la conviction d'apporter des solutions à son pays" (...)

"En 2007, c'était un changement de génération, le choix de la personnalisation, la prétention de vouloir rompre plus sur les pratiques que sur les choix. Aujourd'hui, c'est la morale publique,
l'éthique personnelle, le souci d'unir, l'apaisement et la sincérité qui doivent être les valeurs capables de briser les dérives de comportement. Je ne suis pas pour casser des codes, mais des
facilités.(...)"

Suit l'énoncé d'un véritable programme, qu'on peut accepter ou refuser, partiellement ou totalement, mais qui formule des propositions précises aux questions essentielles qui se posent à la France:
ce que Ségolène Royal s'est avérée incapable de faire depuis deux ans et demi.


Elie Arié 25/03/2010 16:24


@ Mireille Cordier

Une politique régionale se limite aux pouvoirs des régions, que vous n'avez pas l'air de connaître: l'aide aux entreprises locales, les transports, l'entretien matériel des lycées...et c'est tout!
On voit mal comment cela pourrait constituer la base d'une politique nationale.

Il est exact que, dans son programe de 2007, Royal a esquivé tous les sujets d'une certaine ampleur. Quelles étaient ses propositions? Retraites: "On réunira tous les partenaires"
Assurance-Malasdie" On fera des Etats Généraux" Fiscalité " On remettra tout à plat": ça, ce sont des méthodes de travail, ce ne sont pas des propositions; c'est de la com, ce n'est pas un projet.


Mireille Cordet 25/03/2010 16:12


Monsieur Bidochon : "J'ai le sentiment propond que la mauvaise foi vous habite au plus profnd de vous-même..." Quand je dis que vous avez sauté des pages de l'histoire, il s'agit bien du PROJET
PRESIDENTIEL que Ségolène Royal avait préparé pour 2007. Expliquez-moi pourquoi il vous semble impossible d'adapter une politique nationale sur le modèle régional ???
Il y aurait trop à débattre sur les sujets que vous soulevez en matière industrielle, fiscale, santé, retraites et autre pour pouvoir le faire ici et par écrit, mais de toute évidence, vous n'avez
jamais entendu Ségolène Royal s'exprimer ou alors vous avez parlé en même temps qu'elle et donc RIEN COMPRIS dans ces multiples interventions, radiophoniques, télévisées ou en meeting pour être
aussi radical que cela. Bref, vous avez les caractérisiques même du contradicteur permanent méprisant et sans aucun argument ou simple petite idée à proposer... Je vous adresse mes respects, à
moins que vous ne sachiez pas, là non plus, de quoi il s'agit !!!


Elie Arié 25/03/2010 16:06


Un panel d'une cinquantaine de personnalités politiques, économistes, intellectuels et artistes de gauche donnent leur avis sur l'homme ou la femme politique idéaux, pour eux, pour représenter
la gauche à la prochaine présidentielle:

http://tinyurl.com/yb5cmrd

À noter que même J.P. Mignard et Thomas Picketty ne citent pas Ségolène Royal, alors qu'ils la connaissent bien (et peut-être, justement, parce qu'ils la connaissent bien...); par contre, elle
arrive largement en tête de ceux qui sont cités comme "surtout pas untel ou unetelle".



À noter, en particulier, l'analyse de 

Dominique Barella, magistrat, ancien président de l'Union syndicale des magistrats:


"Celle qu'il ne voit pas du tout dans la fonction : ROYAL

Je le dis avec d’autant plus de regrets et de déception que j’ai cru qu’elle mettrait son talent de communicante, sa capacité à faire adhérer à sa personne au service d’un projet collectif.
Malheureusement elle est marquée par le sarkozysme, cette communication politique de surface, ce populisme d’affichage, dont elle imite les dérives dans la forme et le fond. En période de crise,
les postures ne peuvent tenir compte de programme. Elle n’a pas progressé sur le plan programmatique tant elle a peur d’être liée par un programme collectif, tant sa vision politique est
individualiste. Ségolène Royal comme Nicolas Sarkozy sont les enfants de la star académie politique des années 2000. Les Français ont besoin d’être rassurés par une chef de l’Etat qui fédère les
talents, qui manage des équipes de compétence, non pas un chef de l’Etat qui s’isole et qui isole. Elle s’est trop isolée pour fédérer. Un chef de l’Etat doit fédérer. Aux dernières élections
présidentielles elle n’était pas prête, et on ne peut lui reprocher, sera-t-elle prête en 2012, j’en doute."


La famille Bidochon 25/03/2010 15:26


C'est bien ce que j'écrivais: le niveau maximal de compétence de Royal, c'est la Région.

Un programme de politique nationale ( politique étrangère, économique, industrielle, fiscale, retraites, santé) n'a aucun rapport avec une politique régionale, et dire qu'il "suffit d'étendre ce
que Royal a fait dans la région au niveau national", revient à dire que Royal est incapable de concevoir une politique nationale.