Quelle stratégie d'alliances pour la gauche?

Publié le par Asse42

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Nous sommes à l'heure du grand chamboule-tout. Plus personne ne s'y retrouve vraiment dans les posiitons politiques prises par les uns ou les autres. Le parti socialiste soutient le plan libéral européen qui fera le jeu des droites les plus populistes et atlantistes. Il montre ainsi que la social-démocratie soutiendra mordicus cette construction européenne quoi qu'il arrive au nom du dogme européiste. Or certains à gauche, et au-delà, disent que la guerre contre les peuples pour renflouer les banques doit cesser et qu'il est donc temps de tout reconstruire sur des bases neuves. Finalement ces gauches-là se retrouvent sur une valeur clairement revendiquée: la République. La république dans tout ce qu'elle incarne comme idéal citoyen , comme idée de justice sociale, d'égalité et de liberté. Or il faut être aveugle pour dire que cette Europe va dans ce sens là. C'est pourtant cette Europe là qui entend s'accaparer le pouvoir de juger les budgets des états à l'aune de la rentabilité financière. Ce sera sa priorité avant les investissements sociaux profitant au progrès humain. Il va donc falloir choisir à gauche quelle stratégie politique on privilégie.


Le parti socialiste est social-démocrate c'est un évidence. Il fera l'Europe malgré tout et se soumettra aux dogmes du libéralisme.

Le Front de Gauche se veut socialiste et républicain tout en ayant chevillé au corps un idéal communiste lui faisant rechercher assidûment l'alliance avec le NPA qui prône la révolution communiste.

Les Verts pencheront à gauche. Pour eux l'écologie ne peut être que de gauche puisqu'elle promeut la valeur humaine avant la rentabilité financière.

Europe Ecologie sera lui beaucoup plus ambigu puisqu'il est traversé par un courant libéral initié par Cohn-Bendit qui est anti-socialiste. Pour lui l'écologie ne doit être ni de gauche ni de droite.


Voilà les grandes lignes. Dans ce maelstrom idéologique que sont les partis politiques se dégageront bien évidemment des individualités qui porteront leur propre vision. Ce devra être le cas au parti socialiste qui ne devrait pas abandonner son pouvoir aux seuls sociaux-démocrates. Ceux-ci ne sont pas légitimes, malgré les assertions d'Hamon, puisqu'ils se sont imposées contre la démocratie militante. Ce péché originel n'est pas pardonné. Au sein de ce parti socialiste il existe aussi un courant très fort et plus républicain qui pense que le socialisme est l'émanation de la république et qu'on ne peut donc soutenir impunément cette Europe et s'en revendiquer. Il va falloir trancher et c'est une question prioritaire des futures primaires si elles ont lieu.

Donc pour résumer la gauche va avoir le choix entre deux lignes claires: une ligne européo-atlantiste et libérale incarnée par la social-démocratie et les libéraux centristes; ou une ligne républicano-socialiste. De ce choix clair devra découler aussi une stratégie claire.


Si c'est la ligne social-démocrate qui l'emporte alors, comme on le voit avec la ligne DSK-Aubry-Fabius, rien ne changera vraiment et nous continuerons tant bien que mal cette construction européenne contre les peuples. Si c'est la ligne socialo-républicaine alors il s'agira d'être fort pour reconstruire. Car cette ligne politique devra s'affronter à l'union de l'UMP-social-démocratie-libéraux-centristes qui détient tous les pouvoirs en Europe depuis 30 ans. Ce sont eux qui mènent la guerre contre les peuples avec la puissance de leurs élites et de leurs moyens matériels mis à leur disposition. En face nous n'aurons rien ou presque. Cela pose donc clairement la question de la puissance de l'alliance socialo-républicaine.

Je pense donc que celle-ci doit s'ouvrir aux communistes bien sûr, mais aussi à toutes les forces républicaines du pays voulant participer à la reconquête citoyenne. La reconquête sur une base républicaine. Il lui faudra donc s'ouvrir à toutes les volontés républicaines de notre pays qui pensent que nous devons défendre notre modèle social, que cela fait partie intégrante de notre art de vivre et fait de la France le pays où il fait bon vivre. Cette alliance ne pense pas que l'avenir de l'humanité soit de s'aligner sur le dogme libéralo-atlantique de nos cousins américains. Nous n'en voulons pas!  Ceci implique donc que cette arc républicain s'ouvre à l'ensemble de l'échiquier politique et fasse exploser les frontières pour se recentrer sur l'objectif commun: reconstruire pour solidifier la république. Tout en ne niant pas la nécessité de l'Europe bien sûr. Mais une Europe sociale, démocratique et indépendante des USA.


Voilà donc ce qui attend les électeurs de gauche. Actuellement la ligne socialo-républicaine est clairement défendue par Mélenchon et Chevénement. Au parti socialiste Ségolène Royal a toutes les cartes en main pour incarner cette ligne et ce combat. Mais elle ne l'a pas encore fait clairement. Elle devra le faire prochainement pour que l'on puisse clairement se positionner nous Royalistes. Il se trouve aussi d'autres sensibilités républicaines en-dehors de la gauche pure et dure. Il va donc être temps de savoir pour cette gauche quelle ligne va-t-elle privilégier car c'est en partie cela qui déterminera le choix politique en 2012. Faudra-t-il être rouge pour s'allier avec elle? Ou bien penserons-nous qu'il est temps de se réapproprier le drapeau français et ne pas l'abandonner au profit du drapeau européen qui nous noie dans on océan européiste affidé aux USA? Ce questionnement stratégique devra être au cœur du débat pour la gauche j'en suis persuadé.

 

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REXPUBLICAE 16/12/2010 09:42



Le problème aujourd'hui, c'est que Ségolène Royal a annoncé par 3 fois, publiquement qu'elle pre,drait DSK comme premier ministre !!


Comment peut-on être aux côtés des salariés licenciés et d'un autre prendre le Dr du FMI comme premier ministre.


Ce n'est pas très clair tout ça !



SORIN Michel 28/05/2010 10:51



Cette analyse a des points communs avec celle que j'ai développée sur le blog du MRC 53. Mais j'attends de voir la position de Ségolène Royal, qui me semble plus proche des européistes que
des républicains. Sa position en 2005 sur le traité constitutionnel européen était significative sur ce point.


Le MRC n'a pas aimé la position prise par la candidate avant le second tour de la présidentielle de 2007. Il ne se laissera pas séduire par des vagues orientations humanistes et voudra discuter
sur la base de son programme de salut public qui sera adopté lors de son congrès les 26 et 27 juin 2010.


Je pense que Jean-Pierre Chevènement est le mieux qualifié dans un contexte de crise économique, sociale et politique, pour porter le redressement républicain de la France.