Martine Aubry abandonnée par sa majorité.

Publié le par Asse42

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Martine Aubry avait été nommée à Reims par une majorité dite du TSSR. C'est-à-dire une majorité qui considérait qu'il fallait à tout prix faire barrage à Ségolène Royal. Point barre. Cette majorité rassemble fort opportunément toutes celles et ceux qui en sont ou qui ont de l'ambition pour 2012. C'est facile à faire nombre mais ce n'est pas rassurant pour l'avenir car cette majorité n'ayant pas de ciment idéologique pour construire ensemble ne peut que finir par se désagréger dès que rentrera en compte le poids des ambitions.


Pourtant Martine caracole dans les sondages ce qui montre, sûrement, une popularité exceptionnelle. La population française semble en attente de ce que dire ou fera Martine Aubry pour 2012. Cela semble clair. Elle a même fini par rattraper l'irrattrapable c'est-à-dire DSK. Le socialiste qui culminait au top des sondages finit par descendre, et suivant la théorie des vases communicants, se voit talonner par une Martine Aubry euphorique. Tout devrait donc aller pour le mieux pour la première secrétaire et pourtant ça ne semble pas être le cas.

 

Le premier de ses problèmes c'est justement qu'elle est au coude à coude avec DSK pour 2012! Et là...ce n'est plus pareil. Même si Cambadélis a changé de lieutenant et roule maintenant pour Aubry, bon signe pour DSK?, les autres soutiens de DSK semblent vouloir envisager une candidature de leur mentor plutôt que de se rallier derrière Aubry pour laquelle ils avaient d'ailleurs pas beaucoup de sympathie. Il est vrai qu'ils n'en ont pas beaucoup pour les autres non plus! Mais c'est inhérent à la constitution des clans au sein du PS. Donc le clan DSK n'est pas disposé à se rallier derrière le panache ( rouge?) de Martine Aubry.


D'autant plus que celle-ci se rendant compte qu'elle est de plus en plus lâchée par son aile droite, est obligée de se replier sur les Fabiusiens et la gauche du parti. Cela demande des efforts et des places effectives. Elle s'apprête donc à donner les clés du camion à cette gauche du parti qui, on le rappelle, représente à peine 15% du parti. L'apport de Fabius est à double tranchant pour Martine Aubry parce que c'est l'élu qui la porte à bout de bras. Elle lui sert de paravent et c'est lui qui en définitive dirige le parti socialiste en sous-main. Les attaques de Bartolone contre la fédé de l'Hérault relayées par Montebourg était orchestrée par le clan Fabiusien qui espère reprendre la main dans un ex-fief. Cela dans la pusillanimité la plus complète des autres représentants du BN qui espèrent faire assez le canard pour ne pas être emmerdé. Parce qu'ils sont chiens ces Fabiusiens on le sait. Avec eux tous les coups sont permis.


Et puis il reste à Martine le clan Jospin. Même s'il est éclaté il reste la figure de proue de Delanoë. Celui-ci voit peut-être là l'occasion de revenir dans le jeu socialiste au moment où il le faut. Cet éclatement de la majorité d'Aubry oblige celle-ci à se ménager de nouveaux alliés et Delanoë est un bon cheval. Il s'est fait humilier à Reims par Martine mais il est bien gentil Bertrand et surtout il sait écouter son maître...


Enfin il nous reste les Royalistes. Enfin faisons une différence entre les apparatchiks et les militants. Ceux-ci ne soutiendront jamais Aubry (ou alors un tout petit nombre). Reste donc les apparatchiks qui essayent de manger à tous les râteliers. Ils vont de Royal à Aubry sans rouméguer. Mais gageons que si les affaires tournent mal pour Aubry alors ils iront soit chez DSK soit retournerons au côté de Royal. Ainsi va la vie de la motion E. Aubry n'a pas vraiment la main sur eux car ils sont instables. Les Royalistes, du congrès, sont aussi travaillés en interne par les Hollandais qui verraient bien mettre la main sur ce courant.


Voilà objectivement dans quelle situation se trouve Martine Aubry au sein du PS. Heureusement pour elle, elle est soutenue à mort par la sarkozie médiatique et par ses nouvelles alliés que sont Duflot et Buffet. Même Mélenchon, en vieux filou qu'il est, voit tout l'intérêt politique d'avoir une Aubry fragilisée à ses côtés. Finalement elle plaît à tout le monde la première secrétaire du PS. Même à la droite. Ce qu'on a retenu de son projet socialiste sur 10 pages c'est son envie de nous bercer sur le sein (gauche ou droite?). Une société du care maternante...Ce n'est pas que l'idéal est inintéressant mais il ne correspond pas du tout à la personnalité cassante de Martine aubry. On dirait qu'elle veut faire concurrence à Ségolène Royal sur la gauche qui protége. Le problème c'est que pour Martine tout reste dans les mots. Contrairement à Ségolène Royal qui démontre chaque jour qu'elle est prête à s'engager au côté des citoyens pour faire émerger le respect dans la société. Une volonté politique sévèrement combattue par la nouvelle alliée d'Aubry, Cecile Duflot, un hasard? Ou la solidarité des fragiles?

 

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 Martine Aubry abandonnée par sa majorité.

 

Publié dans Parti solferinesque

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francis 24/04/2010 11:09



ah, heureusement qu'il y a les médias, les soferino, pour expliquer les echecs et les défaites...


surtout ne jamais se remettre en cause, ne aps chercher ce qui cloche et peut, doit etre alélioré chez soi,


c'est ce genre de principe qui engage la machine à perdre...



BenflasherBZH 23/04/2010 21:18



Ségolène rassemble énormément, c'est juste que les médias n'en parlent pas ou très peu ...



francis 19/04/2010 00:56



duflot, buffet, aubry, mélechon en alliés de sarko?


j'ai pas bien compris pourquoi


mais comment fait SR pour aussi peu rassembler ?



francis 19/04/2010 00:26



duflot et buffet en alliés de sarko?


et pourquoi pas mélenchon alors?


 



Asse42 19/04/2010 00:31



En alliées d'Aubry. Ou de sarko finalement c'est pareil. T'as raison.



Max 18/04/2010 20:22



Aubry, comme DSK, caracole dans les sondages car elle a compris qu'il ne fallait rien dire, et encore moins faire, pour être populaire (comme Chirac !!!). L'heure de vérité n'a pas encore sonné :
elle sonnera au moment de la présentation du programme. Et là, les couteaux vont ressortir aussi bien en interne, que chez les "alliés" d'un jour (celui des élections).


Mais c'est évident que le flou idéologique dans lequel semble se complaire le PS, actuellement,  ne peut qu'arranger Mélenchon... et le FN.