Le sondage en Poitou-Charentes pose question au Front de Gauche.

Publié le par Asse42


Tout d'abord le bon résultat de ce sondage de Ségolène Royal en Poitou-Charentes ne doit rien à Aubry il me semble?
Comme d'ailleurs les autres sondages régionaux qui seront liés localement et ne seront en aucun cas un satisfecit pour ou contre Martine Aubry, qui ne pèse absolument pas sur le scrutin. Surtout si elle en dit le moins possible...Ceci dit pour recadrer quelques analyses péremptoires de l'éditocratie. Le plus juste serait de dire de bons sondages nationaux pour le parti socialiste. Mais l'éditocratie aime bien personnaliser pour semer la division au PS et faire le jeu de Sarkozy?
Mais passons au fond du sujet qui est ce que devrait être la stratégie de la gauche au premier tour,et quelle alliance arc-en-ciel pour l'avenir?

Lorsqu'on lit ce sondage, on voit que très clairement dans une région traditionaliste à tendance droite, la gauche n'est représentée que par le parti socialiste et domine grâce à sa présidence sortante. L'UMP se maintient à son score national et Europe Ecologie aussi, avec une vraie possibilité de maintien au deuxième tour. On imagine très bien Dany Cohn- Bendit venir en Poitou-Charentes après le premier tour et nous faire le chantage à la présidence tournante ou aux nombres de places pour son désistement. Tout est possible avec Dany le rouge même le pire. Même si ce risque pourrait être suicidaire politiquement pour la suite en n'étant pas suivi par la base militante, qui préférerait jouer le coup sûr avec une région à gauche. Mais tout cela ne sont que des supputations plus ou moins amusantes.

Ce qui pose réellement question en fait est la stratégie du Front de Gauche dans ce cas de figure car on peut l'extrapoler ensuite sur sa stratégie nationale. On le voit au coude à coude avec le Modem, et on ne le voit pas atteindre la barre fatidique des 10% pour se maintenir. Autrement dit il ne va rien peser dans ce scrutin et risque même la disparition pure et simple du conseil régional. Ségolène Royal pouvant très bien s'en passer pour garder sa région à gauche. Alors que devrait faire la Front de gauche?
on sait que par l'intermédiaire de ses leaders politiques, Mélenchon et Buffet, il a choisi nationalement une position de non-alliance avec le Modem quel que soit le cas de figure. Au premier et au deuxième tour. Sous prétexte de représenter la gauche pure et dure il n'est pas envisageable de s'allier avec le centre. Ce centre diabolisé à plein par l'inénarrable Mélenchon. Ce centre qui serait la droite dure, voire extrême, et qui signifierait la disparition de la gauche à terme! Rien de moins. Il s'appuie pour cela sur la jurisprudence italienne en prenant bien garde d'analyser en profondeur les situations et de faire remarquer que si le gouvernement Prodi a chuté c'est parce que deux sénateurs d'extrême -gauche ont rejoint le camp Berlusconi. Et dans un contexte institutionnel de proportionnelle intégrale ça a été fatale à la coalition de gauche. La seule qui , au passage, aura été un interméde dans l'ère Berlusconi. A méditer pour l'ami Mélenchon et pour Buffet.
En gardant coûte que coûte cette stratégie ils prennent le risque de disparaître peu à peu de certains territoires. Si on garde l'exemple de poitou-Charentes, voici sa composition en 2004:
400px-CR_Poitou-Charentes_2007.png




Si on fait une projection en 2010, il est fort possible d'avoir nettement moins d'élus et même pas du tout si une alliance sans le FdG se constitue au deuxième tour. Autrement dit sa stratégie risque de se retourner contre lui. Est-ce tenable? Idéologiquement oui peut-être car cela confirmerait la posture très idéologique du FdG, mais pratiquement non. Nombre d'élus locaux n'accepteront pas d'être sacrifier sur l'autel de la doxa. Encore moins les communistes habitués à gouverner.
Alors quelle solution pour le FdG? Se rallier au premier tour pour sauver des élus, voire un groupe, et éviter de prendre le risque de disparaître du jeu. S'il se rallie au premier tour cela signifiera mettre un mouchoir par-dessus les discours idéologiques tenus notamment par Mélenchon, en acceptant donc de travailler aussi avec le Modem.

Ce cas de figure est intéressant car il va venir mettre en porte-à-faux les discours politiques et les actes. On sait qu'il ne faut jamais dire jamais. Notamment en politique. Alors pourquoi le FdG qui se veut unitaire à gauche persiste dans sa stratégie étouffante du refus d'alliance de gouvernement avec le Modem sous prétexte que ce serait gouverner avec la droite? Comme si l'apport du modem, aussi important soit-il, était suffisant pour peser sur le projet socialiste? Quel est l'intérêt de diviser encore plus plutôt que de construire une alliance arc-en-ciel? Le FdG apportant son expertise, ses valeurs à l'ensemble mais sans se voir plus Royaliste que le roi!...On le voit donc cette posture sera intenable, surtout dans une société qui se dirige inéluctablement vers un bipartisme. Ne vaut-il pas mieux participer à un gouvernement plutôt que de disparaître du paysage politique? Cette analyse on peut la faire aussi aux socialistes qui ne jurent que par la gauche sans tenir compte des réalités du terrain. Alors oui aux différences, oui à la diversité, mais faisons la vivre au sein d'une large coalition sur des valeurs socialistes, humanistes et progressistes, acceptées par chacun. C'est la solution pour l'avenir à gauche.

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Publié dans Politique

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Commenter cet article

des pas perdus 11/02/2010 12:01


Dany proposer une tournante à Ségolène ?

Reposez-vous mon ami !


Asse42 11/02/2010 12:11


Certes non. Mais comme il l'a déjà proposé en Languedoc-Roussillon je peux imaginer qu'il envisage une nouvelle forme de présidence: la tournante. Il doit bien aimer ça lui...