La social-démocratie vient de mourir devant nos yeux.

Publié le par Asse42

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On se demandait jusqu'à quand la social-démocratie, l'autre politique libérale, allait mourir et arrêter d'enfumer la gauche et de polluer le débat public. Et bien c'est fait. Ces jours-ci les citoyens du pays ont donc pu visualiser très clairement ce qu'est la social-démocratie: l'autre face du libéralisme. Rien d'autre. Elle n'est donc plus crédible comme une alternative, de gauche, à la droite libérale.


Cela fait 30 ans, depuis 1983, que la social-démocratie a mis la main sur la gauche socialiste. Elle n'a eu qu'un seul objectif celui d'adapter son idéologie au système libéral financier, et pas celui de s'y opposer farouchement et de tenter de le contraindre. Ou alors elle a du vite reculer devant la puissance libérale financière. Cette soumission au modèle libéral est la cause profonde du désintérêt des citoyens pour la politique. Pour quel changement au fond?

La crise grecque vient donc de confirmer de façon éclatante ce qu'aurait fait les sociaux-démocrates à la tête du pays: exactement comme Sarkozy. Avait-on un autre choix? bien sûr. Ces sociaux-démocrates, dans la foulée du PS et de DSK, s'en vont invoquer leur care pour pleurer sur les peuples qui ont bien raison de manifester tellement ça va être dur pour eux la rigueur...On pouvait faire autrement et c'est ce que nous décrypte parfaitement Jacques Généreux économiste estampillé Front de gauche:

 

 

 

 

 



Ainsi il aurait donc fallu du courage politique pour s'opposer à cette soumission au libéralisme financier. Du courage pour dire aux spéculateurs qui ont vu leur gains partir en fumée [ Game over] et ainsi leur laisser la dette privée qu'ils ont construite eux-mêmes sur leurs seuls bras. Et puis récupérer le financement publique de la dette publique. C'est-à-dire reprendre le contrôle sur nos financements et repousser les spéculateurs. Voilà ce qui aurait été une position de gauche socialiste. C'était faisable et il aurait fallu se saisir de cette crise pour imposer l'épreuve de force aux spéculateurs et les contraindre. Ce n'est pas du tout la voie choisie par la social-démocratie. Elle a encouragé bien au contraire le soutien au système par peur de l'effondrement des marchés financiers le nouvel idéal social-démocrate. Alors que l'on sait que ce sont eux qui sont la cause de la bulle spéculative qui a précipité le monde dans la crise!

Ce que nous proposerons donc les sociaux-démocrates si ils reviennent au pouvoir c'est la même politique que le sarkozysme. C'en est donc fini de cette illusion de gauche. Le PS est un parti libéral. Ce qui pouvait être combattu hier ne tient plus aujourd'hui devant les faits. Un parti socialiste se serait vigoureusement attaqué au plan de sauvetage qui allait contraindre les peuples à en payer le prix.


Pourtant la meilleure période économique du pays fût, dans ses dernières 20 années, la période Jospin. D'ailleurs elle est encore une référence pour le parti solferinesque qui entend surfer sur l'idée qu'une fois revenu au pouvoir tout redeviendrait comme avant. Martine Aubry tient à remettre ses emplois jeunes. Bref les solutions déjà du passées qu'on entend remettre au goût du jour comme une solution miracle. Mais ce parti n'a pas compris que c'est justement cette période Jospin qui a commencé d'enterrer la social-démocratie. En ne profitant pas de circonstances exceptionnelles pour pratiquer une politique socialiste, la social-démocratie a montré qu'elle resterait inféodée aux dogmes libéraux. Le résultat en fût le 21 Avril 2002 de funeste mémoire pour la gauche.

Il est donc temps que la France se dote d'une gauche socialiste républicaine et défendant les intérêts nationaux plutôt que l'européisme à marche forcée vers un modèle atlantiste. L'Europe ne doit pas être le miroir des USA en en reprenant que le pire! En oubliant de copier le dynamisme des réponses apportées en temps de crise qui font que ce pays s'en sort déjà nettement mieux que nous alors qu'il était au départ moins armé pour faire face à la crise. C'est dire l'incurie des gouvernements à l'échelle européenne. Sauf pour sauver le système financier ce qui fait la joie des fonds de pensions US mais qui creuse la misère des peuples européens. Comment la gauche peut-elle continuer à en être complice? Ce n'est plus supportable.


Il est donc temps d'installer un parti socialiste social et démocrate. Bien oui, un PS qui prenne en considération ces deux valeurs fondamentales sinon il ne sera jamais crédible. On ne peut pas dire qu'on fera un projet de gauche tout en soutenant le système financier. La crise grecque vient de nous dire que ce ne sera plus possible si on veut diminuer la dette. Pourquoi ce qui serait valable pour la Grèce ne serait pas valable pour nous? Le socialisme doit donc commencer par s'attaquer à la racine du mal qu'est la trop grande liberté donnée aux spéculateurs financiers. Il faut contraindre leur champ d'expression car ce sont eux qui sont à l'origine des dettes, des déficits et donc des potions libérales dont on est abreuvés. Il lui faudra reprendre la main sur son financement public quitte à faire pression sur l'Allemagne sur la sortie de l'euro. Là ça aurait un sens politique fort. Car il s'agit de redonner aux banques centrales nationales le droit de financer nos budgets ce qui n'est pas possible aujourd'hui. Ainsi ce serait la disparition de remboursement des intérêts dus aux banques privées et donc le dégagement de marges de manœuvres financières pour faire une politique socialiste de relance par la croissance et donc l'investissement public. On ne peut pas faire l'un sans l'autre ce ne sera pas possible et ce serait mentir aux français.


Il est donc temps que le parti socialiste prenne enfin une position socialiste sur la construction européenne et arrête de cautionner cette dérive qui n'est pas la nôtre et qui fait la joie des financiers du monde entier. Ce n'est pas la vocation de l'Europe et ce n'est pas l'idéal socialiste que de la cautionner. Le PS de 2010 est  totalement dans une posture social-démocrate dominée par DSK qui ne correspond plus aux valeurs socialistes d'avenir. Il n'est ni social ni démocrate! Il va être temps de poser franchement la question de la légitimité de cette direction sur l'avenir du PS surtout si elle continue d'œuvrer en petit comité sans associer les militants à son avenir et à cette question fondamentale du choix de l'Europe.

 

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Max 17/05/2010 20:41



On s'en fout un peu des concepts (fumeux ?) en .....isme, d'autant que chaque pays (et chacun) y met ce qu'il veut. Soyons pragmatiques : choisissons plutôt une politique qui correspond à
nos attentes et à nos valeurs, incarnée par un leader en qui nous pouvons avoir confiance pour la mettre en pratique.



Asse42 17/05/2010 19:07



@ Francis


Parce que la période que nous vivons est mieux pour les peuples? Nous vivons une guerre économique et sociale de vaste ampleur qui est une destruction pour les peuples.


Non il ne s'agit pas de tout nationaliser mais de séparer la dette publique de la dette privée. Laissons aux spéculateurs le soin d ese démerder avec la dette privée. C'est leu jeu. Mais
reprenons la main sur notre dette publique en bornant notre capacité de financement à la zone euro dont les instituions financières seraient exclues. Il est sûr que si on se finance à 1% au lieu
de 5 cela fait une grosse différence non? Enorme différence...



francis 17/05/2010 16:23



en fait, la vraie proposition des economistes qu'asse suit est de rétablir "la planche à billets": la possibilité pour l'état de demander à la banque centrale de le financer "à partir de rien".


cette pratique fut interdite car elle mena, depuis plus de deux siècles, à de grandes catastrophes... révolutions, hyperinfllation, guerres, dont le dernière, la plus meurtriére...


je préfère finalement être traité de social-démocrate voire de s (oci) al libéral...



Elie Arié 17/05/2010 14:08



"Tu viens de démontrer par A+B que la social-démocratie et le social-libéralisme sont confondus."


 


Je viens de te démontrer qu'ils sont totalement différents.


Ton cas est désespéré.



Elie Arié 17/05/2010 13:57



Que de confusion dans ton esprit!


 


La social-démocratie et le social-libéralisme sont deux modes de gestion différents du capitalisme.


1-La social-démocratie consiste à maintenir le capitalisme comme mode de production des richesses, mais à les redistribuer ensuite par des impôts très élevés (tranche supérieure à 99% en Suède il
y a 20 ans); elle est morte depuis plus de 20 ans, avec la mondialisation qui, mettant tous lespays en concurrence directe entre eux, oblige, pour des raisons de compétitivité, à baisser
fortement les impôts qui finançaient l'Etat-Providence;


2- Le social-libéralisme prend acte de la mort de la social-démocratie, et ne se fixe plus comme but que d'aider les plus faibles à s'adapter au libéralisme, par une formation professionnelle
très individualisée des chômeurs, une formation continue tout au long de la vie, et de bons systèmes publics de santé et d'éducation; théorisée par le britannique Anthony Giddes ("La troisième
voie"),mais aussi par Dominique Strauss-Kahn ("empêcher la pauvreté d'apparaître, puisqu'on n'a plus les moyens de la compenser"), elle a été mise en oeuvre d'abord par Tony Blair; tous les
partis socialistes et leurs leaders s'y sont ralliés, notamment le PS français et tous ses chefs ( DSK, Delanoë, Royal, Hollande, Aubry, etc.), à l'exception, peut-être, de Fabius.


 


 



Asse42 17/05/2010 14:03



@ Elie


Tu viens de démontrer par A+B que la social-démocratie et le social-libéralisme sont confondus. C'est bien ce que je dis. C'est donc cela qui est mort en Grèce car on a vu de quoi elle porte les
valeurs. Que ce soit DSK, Aubry ou Cambadélis.