La puissance singulière de Ségolène Royal.

Publié le par Asse42

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D'où sort cette femme politique? On est quand même en droit de se poser la question lorsqu'on regarde son parcours passé et actuel tant rien pour cette femme n'a été acquis facilement tout en portant une haute ambition pour elle et pour son pays.


Elle ne vient pas d'une grande famille bourgeoise comme la plupart des autres leaders politiques. Elle a donc du développer très tôt un intérêt certain pour l'école, pour l'éducation, pour avoir envie de s'élever au-delà de sa condition promise. Elle n'est pas non plus femme mondaine, femme de dorure, ce qui lui a valu d'être souvent à l'écart des réunions des z'influents, comme on dit. Ce qui pour envisager une ambition politique est quand même pénalisant car on a besoin de se créer des appuis pour gravir les échelons. C'est aussi une femme politique qui porte des convictions et qui les assume. Ne croyez pas c'est assez rare aujourd'hui où celui qui a de l'ambition cherche d'abord à se placer avant de défendre ses propres idées. C'est une femme qui a toujours récusé les courants du parti et qui continue de tracer cette ligne alors que le parti lui-même lui crée des embûches parfois infamantes. Enfin c'est une femme qui n'appartient pas à des réseaux de pouvoir et l'on peut voir combien c'est pénalisant au niveau des médias particulièrement.

Pourtant elle est toujours là, toujours présente dans l'actualité politique et affichant même une sérénité et une confiance en elle-même qui frise parfois le culot. Il faut être forte dans sa tête pour assurer sans ciller à la journaliste qu'elle peut gagner des primaires et "sans problème" en plus, alors que tout le monde tente de la marginaliser pour la diminuer. D'où tire-t-elle cette puissance si singulière dans un monde politique formaté à l'ambition individualiste à l'image de cette société véhiculant ses dogmes libéraux.


La communication de Ségolène Royal envers le parti solferinesque depuis la fin de la campagne des régionales va dans le sens d'une grande conciliation. A un point tel que parmi ses soutiens, dont je suis, se trouvent des voix divergentes. Comment alors que nous dénonçons cet esprit solferinesque au parti socialiste, comment envisager une unité avec lui? Ségolène Royal a du se poser la question, c'est certain, et elle a fait le choix de l'intérêt général. Clairement. Quitte à froisser quelques inconditionnels et a créer le doute. Car comment envisager que le ralliement à Solferino ne soit pas une banalisation pour elle et donc prendre le risque, en se fondant dans le moule, de disparaître peu à peu des écrans radars. La force populaire de Ségolène Royal s'est construite sur son indépendance, sa liberté qui peut laisser libre cours à sa créativité. N'est-ce pas un risque trop important? Peut-être. Mais l'objectif clairement posé est de battre sarkozy et pour cela il faudra créer les conditions d'un large rassemblement en commençant donc par rassembler le parti socialiste. Elle n'a jamais envisagée une seule seconde de se présenter contre le parti. Sauf, peut-être, s'il était visiblement déloyal et tricheur comme il a été lors du congrès de Reims.


Elle entend donc mener le combat des idées à l'intérieur même de Solferino et non plus de l'extérieur. Elle va s'impliquer dans le processus collectif jusqu'à envisager de cosigner un projet qui servirait de socle à tous les candidats. Une volonté collective qui peut créer une confusion car connaissant le rapport de force très pro-DSK à l'intérieur du bureau national du parti, on va avoir du mal à porter un projet socialiste et républicain pour le pays. En tout cas elle fait le pari de peser de tout son poids sur le projet pour l'influencer. On peut déjà dire qu'elle a réussi vu la convention portée par Moscovici qui a débouché sur le pacte présidentiel... sans le souffle qui va avec.

Enfin envisager qu'avant les primaires on puisse laisser décider les sondages pour désigner le candidat socialiste c'est assez gonflé!  Mais ça rentre tout à fait dans l'esprit solferinesque qui croit toujours que ce sont les sondages qui font l'opinion. Eux qui ont tant critiqué le système en 2006 entendent bien en profiter à plein en 2011. Encore une belle cohérence de convictions et d'éthique...


Bref Ségolène Royal se jette donc dans le gueule du loup avec une confiance, une sérénité, qui peut friser parfois l'inconscience pour ses soutiens, mais qui est aussi une preuve de sa toute puissance singulière et sa foi en elle-même. Une confiance sans arrogance et sans fausse modestie. Elle est prête à accepter tous les défis collectifs qu'on lui proposera. Elle jouera le jeu jusqu'au bout connaissant pourtant bien ceux qui l'entourent. En faisant cela elle respecte profondément les militants socialistes et le parti socialiste. Comme il en a toujours été pour elle. Cette droiture dans les convictions et les positions politiques font de Ségolène Royal, incontestablement, une femme politique d'une puissance singulière dans ce monde politique.

 

 

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estelle92 09/06/2010 19:32



Oui, Elie, tu as raison : quand les choses vont vraiment mal, on se radicalise à droite, c'est sociologique, nos pays sont vieillissants et en définitive le peuple français est assez
généralement conversateur (mais il y a des choses qui méritent d'être conservées, non ?).


Par ailleurs, oui tu as raison là aussi, on ne peut pas imposer aux autres pays européens une politique dont ils ne veulent pas.


Alors on fait quoi ? La "politique du chien crevé au fils de l'eau" ? Ce n'est même plus la peine d'aller voter !!! On peut quand même essayer d'influer.


Bon, pour avoir entendu Royal plusieurs fois après 2007, je peux te dire qu'elle est vraiment patriote et soucieuse de sécurité, du sort des plus faibles d'entre nous, ses positions là dessus
étaient d'autant moins électoralistes qu'elle savait (qu'elle sait) que ça défrise ses "petits camarades". Ne lui retire pas ce qu'il y a peut-être de meilleur en elle.


Et je crois qu'elle n'a pas fini de nous surprendre. En tout cas, moi je lui suis reconnaissante de m'avoir ramenée à la politique.


Mais tu sais, toutes ces politiques de rigueur vont nous faire verser dans la dépression économique, alors nos petites querelles...


 



Elie Arié 09/06/2010 16:01



"l'intérêt porté la sécurité et au patriotisme"


 


Ca, c'était l'influence de Chevènement pendant sa campagne, mais elle l'a définitivement découragé en acceptant la ratification parlementaire du traité de Lisbonne (mais qui n'a-t-elle pas
découragé?).


 


Tiens, au fait: à propos de la montée du socialisme en Europe: après la victoire électorale de la droite en Grande-Bretagne et en Allemagne:


 


""Les libéraux, favoris des législatives aux Pays-Bas"


"Les libéraux de Mark Rutte promettent d'économiser quelque 30 milliards d'euros, dont 20 durant la législature de quatre ans qui va s'ouvrir. S'opposant à toute hausse d'impôts, ils préconisent
d'importantes coupes dans les effectifs de la fonction publique et les différents budgets sociaux"

"Libéraux et sociaux-démocrates, soutenus par les syndicats, sont en revanche d'accord pour porter l'âge de la retraite de 65 ans à 67 ans."

Les Pays-Bas, tu sais: l'autre pays qui avait voté NON au TCE...mais pour des raisons diamétralement opposées à celles des Français, qui ont fait semblant de ne pas s'en rendre compte...


 


Tu crois qu'un(e) Président(e) française pourrait gouverner contre tous les autres Etats européens?


 


Article complet ici:


http://tinyurl.com/3x49q3n



estelle92 09/06/2010 15:50



Je vois quand même des différences avec les caciques du PS que tu cites, Elie : l'intérêt porté la sécurité et au patriotisme, qui l'ont fait considérer comme "droitière".


Je pense aussi qu'elle est prudente sur le plan économique, innovante sur le plan social, et pas du tout "progressiste" sur le plan sociétal (PACS et autres billevesées : le sociétal, c'est la
bouée de sauvetage de ceux qui pensent qu'on ne peut rien changer à rien...). C'est un mix original, qui perso me convient bien, mais c'est vrai qu'elle aurait dû gouverner avec le PS. Mais
tu sais aussi bien que moi que la victoire efface bien des divergences!



Elie Arié 09/06/2010 15:14



" Comment alors que nous dénonçons cet esprit solferinesque au  parti socialiste, comment envisager une unité avec lui?"


 


Comment te faire comprendre cette évidence: un Président a besoin d'une majorité pour gouverner; et Ségolène Royal, élue Présidente en 2007
ou 2012, n'aurait pu ou ne pourrait  gouverner qu' AVEC  le PS, avec Aubry, DSK, Fabius, etc.,qui seront obligatoirement ses Ministres,  qui ne seront jamais des
godillots à ses ordres, et avec lesquels elle est condamnée à trouver des compromis?





Compromis d'autant plus faciles à trouver que, comme eux, elle a toujours été et restera toujours sociale-libérale (ce que tu appelles "social-démocrate", et qui n'existe plus); il n'y a pas et
il n'y a jamais eu de désaccors idéologiques (sauf dans ton imagination), il n'y a qu'un problème d'ambitions personnelles.