La chute du mur et la vague libérale financière.

Publié le par Asse42




Le Mur de Berlin est tombé le 9 Novembre 1989. Avec lui ce fût la fin d'un monde communiste et de son idéologie socialiste. Le mur de Berlin séparait deux idéologies politico-économiques dominantes: le capital-libéralisme occidental et le socialo-communisme. Le premier l'a emporté et avec lui l' idée force que l'état était un frein au développement économique et qu'il fallait le réduire au maximum. Ainsi commençait la grande vague libérale financière qui allait déferler sur le monde, accompagnée de son dogme de la concurrence libre et non faussée. There was no alternative...

La joie populaire face à cet afflux nouveaux de liberté a entraîné un mécanisme politique visant à permettre la libre circulation des biens et des personnes. Sans entraves. Et bien oui dans un monde corseté par ses frontières l'aspiration était à la liberté totale. Mais toujours dans ces cas de libération collective de masse et de jouissance sans entraves, ce sont les puissants qui vont profiter de l'aubaine. Puisqu'il n'y a plus d'entraves, ou de moins en moins, recherchons l'endroit le plus propice aux affaires, aux bénéfices, au profit.
Pendant ces 20 dernières années on a assisté à une délocalisation massive financière des profits pour se regrouper dans des "paradis fiscaux" exemptés de toute connexion à lune société collective. On a assisté aussi à de nombreuses délocalisations vers l'Est pour profiter des standards sociaux moindre et des appels d'airs provoqués par ces nouveaux gouvernements européens voulant profiter de la manne financière pour s'enrichir. Comment leur en vouloir? Ils venaient de l'ombre et l'occident leur faisait miroiter la lumière. Difficile d'y résister pour ne pas se brûler.

Avec la chute du mur de Berlin on a vu s'effondrer le mur social. Celui qui garantissait au peuple une certaine solidarité collective même si à l'Est c'était au détriment de la libre entreprise. D'un excès à l'autre...Ces deux modèles de société c'étaient affrontés pendant 70 ans et cela se terminait par la victoire nette et sans conditions d'un camp contre l'autre. On n'a pas connu le juste milieu. Depuis on assiste à une poussée du capitalisme financier pour faire tomber les murs sociaux que l'on appelle régulation. Cette déferlante financière ne fait aucun sentiment et n'a pour seul objectif que le profit à court terme. Toujours plus de profits et toujours moins de protection sociale. L'argent va à l'argent et les élites de nos pays, baignées dans le luxe de leur apprentissage, sont déconnectées de nos réalités et sont souvent achetées dès leur réussite envisagée. Ce petit monde baigne dans un même esprit celui de favoriser la richesse à tout prix avec un indicateur absolu: le PIB. Peu importe ce qu'il reflète, peu importe qu'il ne s'accroît qu'en creusant les inégalités. L'important est l'accroissement de la richesse.

Alors face à cela le peuple est démuni et doit subir ce matraquage libéral qui lui dit que la concurrence est la seule façon d'envisager la croissance. On le somme d'abandonner ses outils de protection sociale et de régulation économiques. Ce serait archaïque face au modernisme qu'incarne le culte de la richesse à tout prix et même au détriment des autres.
L'avenir serait bien sombre s'il n'y avait pas d'espoir de changement. On se dirige tout droit vers la servitude de l'argent au détriment de la dignité de l'humanité. Pour mettre un terme à cette vague libérale financière il faudra paradoxalement reconstruire des murs. Mais des murs sociaux, des murs humains, qui mettront des freins à cette déferlante libérale destructrice. Des murs pour préserver notre dignité et l'indispensable solidarité huimaine dans une collectivité. L'histoire poursuit parfois de drôles de méandres philosophiques pour nous pousser à choisir la voie de la sagesse, la voie du compromis, la voie du juste milieu. C'est cela que nous devons construire les prochaines années pour vivre dans un monde plus humain et plus juste.

05 novembre 2009 - 19:11


Ségolène Royal, invitée par l'Institut pour la Diplomatie Culturelle à l'occasion du 20e anniversaire de la chute du mur de Berlin, prononcera à Berlin, le dimanche 8 novembre, un grand discours sur le thème : "Un monde sans murs", en tant que principale oratrice du congrès de l'institut.


Toutes les informations sur cet événement important et sur l'Institut pour la Diplomatie Culturelle (cliquez ici)


Publié dans Désordre mondial

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