L'hypocrisie des gauches.

Publié le par Asse42

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Le constat est pourtant unanimement partagé par l'ensemble des partis politiques de gauche: il faut en finir avec le sarkozysme et, il faudra lui opposer un front uni pour nous en débarrasser. Constat réaliste mais constat non suivi d'effets tangibles. Bien au contraire si on analyse la situation politique à gauche on se rend bien compte que l'on va vers un statu-quo qui ne pourra que nous pénaliser encore une fois.


L'élection présidentielle est unique.


Vouloir s'acharner à mettre l'élection présidentielle dans le même cadre politique que les autres élections est une faute stratégique. L'élection présidentielle est unique dans le sens ou elle se joue plus sur une personnalité charismatique que sur un parti. Ce qui compte pour l'électorat c'est de savoir quelles valeurs animent le candidat et donc anticiper ce qu'il pourrait dessiner comme avenir pour la France. On sait bien qu'elle est son camp d'origine mais on ne vote pas pour un parti, on vote pour la personnalité d'abord.

Sachant cela les états-majors politiques devraient s'employer à déconnecter l'élection présidentielle des autres élections. Ainsi envisager sérieusement de se regrouper derrière la personnalité de leur camp et de s'employer véritablement sur les projets. C'est ce qu'on aurait pu attendre du FdG par exemple. A quoi sert-il d'envisager une candidature de témoignage à l'élection présidentielle? Ne vaudrait-il pas mieux envisager de discuter sur le futur projet porté par la gauche et se battre pour des circonscriptions, ce qui est la logique des partis. Car il est évident qu'on ira encore vers un duel gauche-droite. Seul Jospin par son arrogance nous en a privé. Ce duel se polarisera autour de deux personnalités clairement identifiées. Les autres candidatures serviront de témoignage mais pas d'influence politique. Alors quel intérêt de prendre le risque d'affaiblir le candidat de gauche? car il est là le danger. En multipliant les candidatures à gauche on court le risque de voir le candidat progressiste derrière encore une fois le candidat conservateur. Donc permettre à celui-ci d'engager la dynamique.


Les projets avant tout?


Tout le monde nous parle de projets à élaborer collectivement , de plate-formes communes et participatives. Mais en fait tout le monde s'en fout peu ou prou. Chacun cherche d'abord à rassembler sur son offre. Je joue collectif mais joins-toi à moi d'abord...

Et puis surtout,  personne ne cherche à envisager sérieusement des convergences programmatiques. Au contraire tout le monde semble prendre un malin plaisir à chercher le plus petit commun diviseur pour avoir une chance d'exister par la suite. Les Verts vont se croire plus écolos que le reste, la gauche radicale plus radicale et le parti socialiste...plus libéral.


Bref c'est reparti comme en 40. On se dirige droit vers une élection d'importance séculaire avec une gauche en ordre dispersé. Pourtant certains inventent des mots comme " Gauche solidaire". Ça fait plaisir à entendre mais il n'y a rien derrière. Que du vent. Aucun projet élaboré en commun. Certes on se réunit ici ou là mais on ne s'écoute pas vraiment et dans l'indifférence quasi générale. Pourtant il semble que le sarkozysme soit l'ennemi identifié, mais la gauche fait comme-ci l'ennemi était déjà vaincu et enclenche une guerre des égos qui pourrait lui être encore une fois fatale, parce qu'elle n'aura pas compris que la meilleure façon de gagner la présidentielle c'était de choisir démocratiquement son représentant par les citoyens, et ensuite de le soutenir. Sans réserves et sans idées préconçues. Montrer ainsi au pays que l'on a bien conscience que, malgré les divergences que l'on peut avoir avec unetelle ou untel, la présidentielle est la mère de toutes les élections, celle qui trace le chemin pour le pays et qu'il est importantissime que la personnalité présidente porte les valeurs de son camp. Et donc accepter de se retirer du jeu des égos pour se concentrer sur la bataille des idées avec la droite et aussi dans son camp.


Voilà ce que devrait être une position commune de l'ensemble des partis de gauche. Toutes celles et ceux qui ont de l'ambition pour la présidentielle peuvent se présenter à des primaires. Mais ensuite la personnalité choisie porte seule le projet aux élections soutenue par toutes et tous. Là on serait imbattable vous ne croyez-pas?

 

Les liens utilisés pour ce billet sont dans ce pearltree:

 L'hypocrisie des gauches.

 

Publié dans 2012

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Elie Arié 20/04/2010 20:36



Et pour Xynthia, lis ça et dis-moi si Royal n'est pas dans la basse démagogie:


 


http://tinyurl.com/yyqf5tz



Elie Arié 20/04/2010 18:38



Commentaire de Benoît Mercier, sur le forum de Marianne, sur la démocratie participative:


"À un moment donné, la démocratie a ses limites. Il est bien de demander quels problèmes les gens rencontrent dans leur vie de tout les jours, mais on ne peut pas demander à une personne qui n'a
aucune idée du coût, de la façon de développer un projet public et encore moins de la législation, de faire des propositions. Il y a plein de bonnes idées en théorie qui sont inapplicables dans
les faits (d'ailleurs, nos hommes et femmes politiques en sont d'excellentes preuves). Allez faire le tour des cafés du commerce de France et de Navarre : des idées, tous les Français en ont, sur
tous les sujets, mais ils ne connaissent même pas le centième de la façon dont fonctionnent les institutions qu'ils dénigrent ou critiquent.



Proposer une gestion d'un Etat au jour le jour comme on gère une petite commune, ce n'est pas une solution viable à terme. Il faut une ligne, un cap à suivre, avec derrière des idées cohérentes,
mais aussi un vrai projet d'avenir.

En outre, à une époque où le "chacun pour soi" domine, on va vite se retrouver avec des centaines de lobbies différents qui viendront défendre leurs propres intérêts, pour les petits commerçants,
pour les petites retraites, pour les agriculteurs, pour les vendeurs de poissons sur les marché, pour les jeunes mères travailleuses pauvres, etc...

Un vrai chef d'Etat apporte une vision de ce qu'il souhaite pour son pays, érige les grandes règles, les fondations sur lesquelles construire son avenir, puis après il cherche des propositions à
faire, en s'entourant des bonnes personnes et en consultant. S'intéresser au peuple n'est pas forcément laisser sa place au peuple"



Elie Arié 20/04/2010 18:37



Commentaire de Benoît Mercier, sur le forum de Marianne, sur la démocratie participative:


"À un moment donné, la démocratie a ses limites. Il est bien de demander quels problèmes les gens rencontrent dans leur vie de tout les jours, mais on ne peut pas demander à une personne qui n'a
aucune idée du coût, de la façon de développer un projet public et encore moins de la législation, de faire des propositions. Il y a plein de bonnes idées en théorie qui sont inapplicables dans
les faits (d'ailleurs, nos hommes et femmes politiques en sont d'excellentes preuves). Allez faire le tour des cafés du commerce de France et de Navarre : des idées, tous les Français en ont, sur
tous les sujets, mais ils ne connaissent même pas le centième de la façon dont fonctionnent les institutions qu'ils dénigrent ou critiquent.



Proposer une gestion d'un Etat au jour le jour comme on gère une petite commune, ce n'est pas une solution viable à terme. Il faut une ligne, un cap à suivre, avec derrière des idées cohérentes,
mais aussi un vrai projet d'avenir.

En outre, à une époque où le "chacun pour soi" domine, on va vite se retrouver avec des centaines de lobbies différents qui viendront défendre leurs propres intérêts, pour les petits commerçants,
pour les petites retraites, pour les agriculteurs, pour les vendeurs de poissons sur les marché, pour les jeunes mères travailleuses pauvres, etc...

Un vrai chef d'Etat apporte une vision de ce qu'il souhaite pour son pays, érige les grandes règles, les fondations sur lesquelles construire son avenir, puis après il cherche des propositions à
faire, en s'entourant des bonnes personnes et en consultant. S'intéresser au peuple n'est pas forcément laisser sa place au peuple"



Asse42 20/04/2010 18:53



Je peux être d'accord avec lui bien que la démocratie participative sert à institutionnaliser la consultation des citoens concernés. Au niveau d'un état on peut penser qu'en plus d'un conseil
économique et social revigoré, il faudra des jurys citoyens sur des questions essentielles de société, des budgets participatifs, des forums populaires, pour instaurer un échange d'informations
entre la base et le sommet de la pyramide. C'est une courroie de transmission démocratique qui manque officiellement dans notre pays.



Elie Arié 20/04/2010 16:08



 


"On ne vote pas pour un parti, on vote pour une personnalité d'abord"


C'est vrai pour les ségolènistes...heureusement une minorité qui n'est plus observable qu'au microscope électronique.


"Seul Jospin par son arrogance nous en a privé"


Non: par son absence de projet, justement. Comme Royal en 2007, d'ailleurs.


Et pour savoir comment les choses se passeront, en réalité:


http://tinyurl.com/y2q4ym7