Heuliez, un symbole pour la gauche.

Publié le par Asse42

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Tout le monde a entendu parler d'Heuliez et ce n'est pas un mince mérite pour Ségolène Royal
. Car cette entreprise peut devenir un symbole pour la gauche si celle-ci le veut bien. Heuliez ce sont des véhicules électriques adaptés aux collectivités locales, aux administrations et en capacité de créer un marché du deuxième véhicule pour les particuliers. Un véhicule électrique populaire adapté au trajet quotidien en attendant que le progrès technologique permette un bond significatif. Autrement dit c'est un marché avec de fortes perspectives de croissance puisqu'il n'existe pas! Très peu de véhicules électriques dans le monde alors que la technologie est prête à être exploitée. Tout le monde en parle depuis 20 ans et personne ne voit rien venir. Ou alors des véhicules complexes et hors de prix.

Ségolène Royal a impulsé une autre vision économique du véhicule électrique en le voulant pratique et populaire. En lançant un appel d'offre régional elle a contribué à "réveiller" ce secteur industriel en sommeil dans une région où pourtant se concentre des compétences particulières dans ce secteur. Dont Heuliez.  Heuliez est une entreprise industrielle en capacité de produire sur des chaînes de montage des véhicules électriques. L'entreprise est prête à monter en puissance et a les compétences techniques et le savoir-faire. En lançant l'appel d'offre la présidente de région a lancé la machine.
Le deuxième volet c'est la concrétisation technique du véhicule. Aidé par des PME innovantes dans ce domaine, Heuliez est en capacité de créer une gamme de véhicules électriques adaptés aux différentes situations vécues localement. Pour les déplacement interurbains le véhicule électrique est particulièrement adapté.
Reste le troisième volet: le financement. Le nerf de la guerre pour une entreprise en quasi faillite et qui donc s'apprêtait à fermer en laissant à la rue près de 1000 salariés, sans compter le manque de débouché industriel que cela entraînerait pour toute la filière en Poitou-Charentes. Impensable! On a donc cherché un repreneur et celui qui a remporté le morceau est Bernard Krief Consulting qui est , hasard?, un ami de JP Raffarin et militant UMP. Ce ne sera pas anodin pour la suite d'autant plus que Raffarin n'aura de cesse, et l'UMP avec lui, de taper sur le véhicule électrique qui n'aurait aucun avenir. Bizarre stratégie lorsque son ami est engagé comme actionnaire non?

Heuliez va donc devenir un enjeu politique emblématique entre la gauche et la droite. D'un côté une volonté politique pour faire émerger un nouveau produit en créant un nouveau marché, et de l'autre les amis du pouvoir en place qui n'ont pas particulièrement intérêt à voir émerger un concurrent pour les gros contributeurs que sont Renault et Peugeot. Ceux-ci malgré les milliards apportés par la collectivité nationale au nom de la crise, n'ont absolument pas changé de comportement social. Ils envisagent toujours de délocaliser et ferment des usines en France, même de pointe, comme New Fabris en Poitou-Charentes. Un autre exemple de volotarisme éconmique en Poitou-Charentes pour combattre la fatalité:


Seulement Ségolène Royal a une aura médiatique incontestable et sa pugnacité et sa volonté à ne pas abandonner le combat d'Heuliez va trouver écho dans l'opinion. Finissant par mettre au pied du mur le gouvernement qui se veut le défenseur de l'environnement et des produits propres. Estrosi a donc signé l'accord avec le Poitou-charentes et avec BKC pour participer au financement de cette entreprise. Le problème c'est que pour l'instant BKC n'a toujours pas respecté son accord financier. Agissant ainsi plus comme un trader que comme un investisseur comme d'ailleurs on pouvait s'en douter. Ce monsieur est un financier pas un industriel.

On en est là et certains, notamment à droite, voudrait exploiter cette épine dans le dossier Heuliez pour faire porter le chapeau à la présidente et montrer son inefficacité économique et le gaspillage des fonds publics. Il est vrai que la région est entrée dans le financement de cette entreprise à hauteur de 5 millions d'euros. Étant partie prenante du projet depuis le début elle a trouvé normal de rentrer au conseil d'administration pour surveiller la bonne marche de cette entreprise et le respect des engagements territoriaux. C'est une première nationale. Pour la première fois une collectivité locale rentre au capital d'une entreprise privée. Là est le nœud du bras de fer avec l'UMP car c'est toute une politique industrielle différente qui se trouve sous le feu des projecteurs. Tiens il existe une politique industrielle de gauche?
En cette période électorale cette difficulté financière tombe quand même mal et ne manque pas d'être exploitée par l'UMP. Mais voilà qu'une autre région socialiste se déclare prête à suivre la région Poitou-Charentes en investissant elle aussi 5 millions d'euros dans l'entreprise. Un véritable soutien et aussi un véritable engagement dans un projet d'avenir, ainsi que la reconnaissance implicite que cette entrée au capital d'une entreprise pouvait être compatible avec une vision de industrielle de gauche pour faire émerger le nouvel état socialiste: l'état investisseur, l'état stratége.

On comprend donc mieux les pressions politiques qui s'exercent ici ou là sur cette entreprise. Car si la gauche fait la preuve que l'on peut sauver des entreprises industrielles performantes non pas par la seule subvention publique mais en lui permettant de trouver des débouchés d'avenir par un volontarisme politique, alors c'est peut-être le début d'un commencement d'un espoir pour les citoyens qui se léve. Un espoir qui s'attaque frontalement au dogme de la concurrence libre et non faussée de l'Europe libérale de droite. L'état peut être une force au service des entreprises innovantes, voila un concurrent sérieux, pour le coup, aux multinationales débridées qui font encore la pluie et le beau temps dans nos vies de salariés et de citoyens tout simplement.
Oui il existe une autre politique et cette politique de gauche s'incarne parfaitement dans ce combat emblématique autour d'Heuliez. Les forces de gauche auraient intérêt à toutes s'unir, plutôt que de mégoter pour savoir si un véhicule électrique sera assez vert, pour défendre ce modèle industriel pour l'avenir dans notre pays et au-delà.




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Mireille Cordet 14/02/2010 19:58


Pourrions nous faire quelque chose pour aider Heuliez ???