Comment institutionnaliser la démocratie participative?

Publié le par Asse42


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La démocratie jusqu'au bout est un combat que les républicains et les socialistes
portent dans leur soif d'idéal pour une société humaine. On ne se contente pas des moyens démocratiques existants et l'on cherche toujours à les améliorer car l'on sent bien que pour augmenter le bien-être de chacun dans notre société, il faut être capable de nous écouter, de dialoguer, d'échanger avant de décider. On comprend bien que cette volonté participative se veut être un modèle horizontal de consultation, alors que la démocratie représentative est un modèle vertical de représentation. Nulle volonté ici de les opposer mais au contraire se demander comment nous pourrions associer efficacement ces deux structures démocratiques pour permettre l'achèvement de notre démocratie. Car il n'est plus acceptable, alors que notre taux d'éducation et de connaissance progresse, de laisser la décision aux seuls experts et autres dirigeants ou représentants de lobbys, sans que nous, citoyens, nous ayons notre mot à dire notamment lors de décisions qui nous concernent. A ce sujet on peut dire que si les réalités quotidiennes nous concernent directement, on ne peut nier que le débat sur les retraites, notre protection sociale, les services publics, nous concernent aussi. Il faut donc développer la démocratie participative pour permettre sa diffusion la plus large possible dans la société et la rendre incontournable dans un processus de décision.

Voir les émissions de France Inter consacrées à ce thème sur le site Désirs d'avenir en reportages vidéos.

La gauche n'a que peu gouverné dans le siècle passé. Et, plus, elle n'a jamais gouverné dans la durée. Un seul mandat puis la défaite. Il parait donc incontournable que la prochaine gauche qui gouvernera le pays puisse réformer le pays en associant les forces vives du pays et plus largement les citoyens. Ce sera toute la difficulté de la démocratie participative et de son institutionnalisation: Comment faire pour prendre en considération la parole des citoyens et comment faire pour que celle-ci ne soit pas un assaut d'égoïsme?
Le budget participatif des lycées mis en place dans la région Poitou-Charentes nous donne déjà une première indication de ce que peut être une conscience citoyenne. Il ne faut pas désespérer de l'humain en collectivité. On constate plutôt une bonne expression collective des enjeux et une véritable recherche de consensus. Si on étend au national on peut se dire que l'intelligence collective citoyenne prendra le dessus sur les pensées individualistes. C'est le gros reproche qui est fait à la démocratie participative, on pense que l'individu ne saura pas prendre en compte l'intérêt général alors que l'expérience montre au contraire que des citoyens respectés, consultés, associés à la décision, prendront à coeur leur engagement. Il faut donc dépasser ce préjugé du peuple imbécile. Comme dans tout groupe tout dépend de l'objectif qu'on lui assigne, si on a l'objectif d'élever le peuple en lui faisant confiance alors il sait s'élever. Mais il ne faut pas se manquer ensuite et respecter le cadre démocratique que l'on aura mis en place. La confiance s'établit sur un échange réciproque.
Le résultat est que les citoyens consultés aident les élus à mieux gouverner leur collectivité. En leur remontant des remarques, des informations, des propositions, les citoyens aident la collectivité publique à être plus efficace et à prendre en compte l'intérêt général.

Comment l'institutionnaliser?

Il faudra en passer inévitablement par une VI ème république. Dans le même temps que nous devrions renforcer le pouvoir des institutions démocratiques traditionnelles comme le parlement, la justice, la cour des comptes,etc...il nous faudra intégrer un pouvoir citoyen. Un pouvoir qui a pour objectif de faire valoir le point de vue des citoyens et contrebalancer le seul pouvoir consultatif des lobbys, des experts, des associations.
Personnellement je pense que le Sénat associé au Conseil Economique, Social, Environnemental de chaque région pourrait être l'expression d'une démocratie participative. Sur un sujet précis: la réforme des retraites par exemple, on pourrait imaginer une vaste consultation par régions. Par internet ou par déplacement dans des forums réservés dans les universités par exemple. Lors de ces forums s'exprimeraient les situations sociales de chacun pour que le panorama soit le plus large possible. La première conséquence positive serait que l'on constaterait la diversité des situations et l'inutilité de la démagogie pour tous. Par la multitude des expressions on obligerait le gouvernement au sérieux. Les forums seraient managés par des experts qui seraient chargés d'exprimer les différentes positions politiques et la visibilité globale de la situation. On peut penser qu'ainsi on serait informé que notre déficit des retraites n'est pas si insoutenable que cela et que cela dépend d'une vraie volonté nationale pour y remédier.

Bien sûr cela ne serait efficace que si les bases de donnés soient vraies. Il est donc indispensable dans le même temps de créer des instituts de contrôle des chiffres publics démocratiquement représentés, à parité politique, avec des associations. Il faut que les chiffres soient incontestés. Ce sera la responsabilité de la cour des comptes réformée pourquoi pas?
Une fois les expressions citoyennes dûment retranscrites dans les forums, une synthèse publique en est faite puis portée au CESE régional. Cette synthèse est confrontée avec l'ensemble des forces vives de la nation comme les syndicats, les partis politiques, les associations. La confrontation doit déboucher alors sur une autre synthèse, celle de ces institutions. Les deux synthèses, une seule si elles sont identiques, sont portées au Sénat qui sera l'outil centralisateur des synthèses et chargé d'en rédiger une synthèse générale portée ensuite à l'assemblée nationale pour être confrontée à la volonté gouvernementale. A lui ensuite d'en tenir compte, d'amender ou non son projet et de justifier son engagement. Cela clarifiera les orientations politiques de chacun et permettra aux citoyens de comprendre sur quelles valeurs les décisions sont prises et si ces décisions sont justes. Personne ne pourra plus dire qu'il ne savait pas. C'est l'objectif.

La démocratie participative ne doit pas rester un voeux pieux ou au stade de la caricature qu'en a fait Sarkozy. Non, il faudra une véritable volonté politique pour la mettre en oeuvre. Je la crois indispensable car elle implique l'ensemble des citoyens dans un processus de réflexion collective, donc d'échange collectif sur ce que sera notre avenir. Cette démocratie participative part d'un postulat essentiel celui de faire confiance en l'intelligence collective. C'est  l'étape suivante du développement humain de nos sociétés. Elle nous oblige à nous sortir de nos peurs pour aller vers les autres, à la rencontre des autres. En cela elle crée des liens entre nous qui participeront bien mieux à la cohésion nationale donc à la consolidation de notre identité, que des débats exclusivement polémiques. La démocratie participative doit élever l'humain et non le rabaisser.


Démocratie participative
envoyé par Segolene-Royal-2010. - L'actualité du moment en vidéo.


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