Un grand leader doit dépasser le collectif.

Publié le par Asse42



Collectif! Collectif! Le parti socialiste n'a que ce mot à la bouche. Son obsession est surtout de ne pas permettre à une individualité d'émerger du maelström socialiste. Dans une république présidentielle c'est un suicide...collectif. Parce qu'il est indispensable d'avoir un leader pour tirer le mouvement politique socialiste en avant. Or le fait de vouloir niveler les individus, empêche la force de la différence de chacun de s'exprimer. La logique de Solferino est de noyer les individus dans la masse pour permettre à tout le monde d'être candidat à la présidentielle. C'est une faute grave qui contribue à notre inaudibilité dans l'opinion.
Le parti socialiste coule depuis 2002 car il n'a pas de leader. Pas parce qu'il n'a pas de projet ou d'idées. Le PS s'efface parce qu'il n'est pas identifié à un grand leader. Pourtant les exemples pullulent pour montrer que c'est un leader qui devient président et pas un parti. Mitterrand, Chirac ou Sarkozy se sont imposés en tant qu'individualité. Ils ont pris la tête du parti deux ans avant pour l'organiser à leur façon et en faire une machine de guerre pour gagner.  C'est comme cela que ça marche et pas autrement.

Le problème du PS c'est qu'il empêche des leaders d'émerger. Solferino ettouffant les individus s'expose à des débordements lorsque son autorité est remise en cause comme c'est le cas actuellement et depuis 2002. Comme personne ne s'impose tout le monde souhaite que personne ne bouge alors que l'on sait très bien que c'est dans le mouvement d'opinion, d'idées, que la pensée politique s'enrichit.
Cela a aussi pour conséquence de donner des idées à des leaders de second plan de s'exposer médiatiquement pour tenter leur chance individuellement. En ce sens Valls a au moins le courage de secouer le cocotier socialiste et d'impulser un mouvement, une direction. Et s'il trouve l'opinion alors peut-être que ce sera la voie à suivre pour le PS. Qui peut le dire avec certitude?
En attendant ce collectif fait du surplace et ne permet pas au PS de se rénover puisque les impulsions données par la première secrétaire ne sont pas actées du sceau de la légitimité du leadership. Chacun fait ce qu'il veut dans son coin car personne ne veut se faire enfermer dans un collectif mortifère et pense qu'il peut jouer un rôle national.

Ségolène Royal a conquis sa stature de grand leader car elle a su aller contre le collectif, ou du moins se construire individuellement, s'affirmer, malgré le collectif. Quoi qu'on en pense c'est salutaire et c'est comme cela que les grandes figures politiques émergent. Son problème aura été de ne pas pouvoir prendre dans le même temps la tête du parti socialiste. C'est ce qui lui a manqué pour gagner. Car elle a du faire une campagne avec un parti qui ne la soutenait pas, qui ne la comprenait pas. Et cela est rédhibitoire. Pour gagner dans la V ème république il faut un grand leader accompagné par la puissance d'un grand parti. C'est la condition sine qua non pour espérer.
Le congrès de Reims aurait du permettre à Ségolène Royal de prendre la tête du parti et de mettre ainsi le PS en phase avec sa rénovation. Le collectif aurait fini par suivre car la légitimité allait dans ce sens. Mais en la niant le PS s'est tiré une balle dans le pied et a perdu encore deux ans, au moins, pendant lesquels l'opinion publique ne saura toujours pas quel socialisme émergera du magma. Ce qui contribuera à son inaudibilité et accentuera la confusion dans les esprits.

Publié dans Ségolène Royal

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Shulua 30/07/2009 19:33

Ca fait plaisir de te retrouver, depuis la fermeture de tes articles sur lepost.fr et depuis la fermeture du forum sur DA. C'est dommage, on gardait contact... maintenant c devenu inanimé presque mort DA ! Je ne sais pas quand ils vont changer ça !!
Mais en tout cas, maintenant que tu as ton site, je te visiterai régulièrement.
Contacte moi par mail si tu le souhaites.
SHULUA !

zodo 06/07/2009 21:21

UNE VISITE SUR VOTRE BLOG très intressant . à bientôt.