Le syndrome Obama au parti socialiste.

Publié le par Asse42



La victoire d'Obama aux élections américaines a fortement inspirée les quadras du PS. Prenant pour exemple la réussite de cet homme inconnu face aux Clinton, noir de plus, a montré qu'il était possible de croire en sa chance même dans un pays comme les USA. Cette réussite personnelle a décomplexé les "jeunes lions" du PS. Ainsi après le congrès de Reims ils ont cherché à s'émanciper pour créer autour de leur personnalité un courant, ou du moins un attrait suffisamment fort pour constituer un pôle d'attraction.
C'est ainsi qu'à part ceux qui ont rallié la gagnante du congrès, Hamon et Montebourg, tous les autres, ce sont tous des hommes, envisagent publiquement ou non une trajectoire à la Obama.

La déroute des élections européennes a mis out of order des personnalités socialistes comme Aubry voire Hollande. La porte s'ouvre donc pour la génération suivante qui veut s'inspirer d'Obama. C'est ainsi que voulant à tout prix revivre par procuration son succès, ils se battent tous pour revendiquer des primaires ouvertes larges. Pensant ainsi multiplier leur chance de convaincre au-delà du parti socialiste dans lequel ils se sentent parfois à l'étroit. On assiste donc à une course de placement en première ligne sur le sujet, oh combien sensible!, de la rénovation. La rénovation c'est eux. Qu'on se le dise. Leur heure est venue et il est temps de faire table rase de la Miterrandie incarnée par les éléphants et donc le conservatisme mortifère. Ce en quoi ils n'ont pas tort...
Vincent Peillon, Manuel Valls et Pierre Moscovici ont chacun de leur côté décider de s'émanciper de l'ombre étouffante de leur leader pour chercher le soleil.

Le premier a clairement pris le leadership de Espoir à Gauche après le congrès. Il s'est imposé et compter sur les européennes pour pousser son avantage et finir par devenir incontournable. Pendant ce temps Valls ronger son frein. Finalement le très mauvais score de Peillon l'a plutôt carbonisé. Il ne peut plus se revendiquer comme une figure attractive capable d'entraîner des électeurs au combat. Il s'est même rendu compte que ces petites phrases sur Ségolène Royal ont plutôt déplu.
Vincent Peillon exit voilà Manuel Valls qui déborde. Tout feu tout flamme notre trublion du PS ne mâche pas ses mots pour créer l'événement médiatique et imposer des thèmes pour l'avenir. Il veut ainsi changer le nom du PS et créer un vrai chambardement idéologique tout en montrant qu'il est capable de bousculer ce vieux parti. Voyant que cela débouche sur un silence assourdissant, il décide donc d'annoncer sa candidature pour les primaires présidentielles de 2012! Sans perdre de temps il tente de faire la course en tête en la lançant très en amont. N'ayant pour lui aucune échéance électorale en vue il pourra se consacrer entièrement à son ambition.
Benoît Hamon s'est pris aussi une raclée aux élections et aura bien du mal à émerger pour 2012, en tout cas cela semble trop court pour lui. Montebourg tente de flairer la bonne affaire pour faire son trou mais c'est un rusé politique et il ne s'engagera que si il a une chance. Reste Pierre Moscovici qui tente de reprendre la main dans la course à la rénovation en faisant signer une pétition pour les primaires sur son nom.

Finalement comme rénovation socialiste leur priorité semble être les primaires ouvertes à l'ensemble de la gauche. Il n'ont pas beaucoup d'imagination par ailleurs mais beaucoup d'ambition. Pensant que la porte leur est ouverte ils vont se battre pour exister dans les 6 mois qui viennent. Si cela débouche sur un combat d'idées alors se pourrait être intéressant pour le PS, si c'est une foire d'empoigne alors les éléphants siffleront la fin de la récré dès que les échéances arriveront. La prochaine ce sont les régionales. Du résultat dépendra leur avenir suivant leur implication dans la campagne ou non. Et surtout l'ex-candidate socialiste de 2007 est toujours en course, et plus que jamais, pour la désignation à l'investiture socialiste. Si elle réussit sa campagne elle deviendra incontournable pour le parti socialiste mettant ainsi tout le monde d'accord et rassemblant à elle les jeunes lions. N'en doutons pas...

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Pat 15/06/2009 10:53

On en revient toujours au même point, ce qui a été nié pendant longtemps quand S.Royal s'imposait comme candidate; à savoir que le PS doit avoir un leader tout comme n'importe quel grand parti. Que de temps perdu !