Parti socialiste: La tentation de l'immobilisme.

Publié le par Asse42



Alors que le PS vient de se prendre la pire déroute de son histoire aux européennes, le message de l'ensemble des leaders socialistes est de dire on ne change pas! Entendre Martine Aubry, Cambadélis, Valls, Montebourg et autre nous dire qu'ils ont compris le message, qu'il faudra faire la rénovation, qu'on va se mettre au travail, qu'il faut poursuivre ce qu'on a commencé,etc...montre que l'appareil socialiste n'a pas compris qu'il faut changer radicalement d'organisation interne.

La défaite de Martine Aubry et ses conseillers.

La défaite vient de loin, vient du péché originel qu'a été le déni de démocratie au congrès de Reims. Un congrès qui a écoeuré les militants tellement il était orienté contre Ségolène Royal. Alors finalement l'appareil socialiste Jospiniste s'est reconstitué à la sortie du congrès. On retrouve les mêmes figures que sous l'ère Hollande, on a juste changer de leader. Et on n'y a pas gagner.
La déroute s'explique aussi par le manque de charisme de Martine Aubry et son manque d'implication dans la vie du parti socialiste. Comment faire vivre un parti politique de cette dimension sans y être à plein temps? C'est impossible et surtout nous rend inaudible en sarkozie. Le parti socialiste doit être corps à corps contre la politique de sarkozy, doit remuer dans les médias, doit faire valoir ses satisfecit ou non. Bref on doit entendre le parti socialiste. Or ce n'est pas le cas. Depuis son élection Martine Aubry vole d'échec en échec et de gamelles en gamelles: Le bide du Zénith en a été le symbole. Peut-on continuer avec une personnalité qui ne nous représente pas et qui ne nous inspire pas confiance sur la future rénovation? Sans parler de son entourage...

Le PS s'est heurté à la sarkozie

La campagne européenne aura montré à l'appareil du parti socialiste ce qu'est la sarkozie médiatique. Il comprend qu'elle organise le désert d'idées, elle glorifie le leader maximo et raille sans cesse le parti socialiste qui n'a pas d'idées etc...Et bien lorsqu'on n'est pas organisé, lorsqu'on n'est pas soudé, lorsqu'on n'a pas un leader charismatique et donc audible on ne peut faire passer un message politique. Martine Aubry serait au faîte dans les sondages d'opinion? Et alors? Qu'est-ce que ça a rapporté au PS? Rien du tout.

Sortir de la Jospinie!

Cette défaite est encore une fois celle de la Jospinie! Il faut en finir. L'élection de Ségolène Royal en 2006 avait montré que les militants socialistes voulaient tourner la page de la période Jospin et de ces grands leaders coupés du peuple. Le congrés de Reims aura montré aussi que les militants faisaient encore confiance à Ségolène Royal malgré la propagande voulant la diaboliser comme droitière. Pourquoi? Parce que c'est elle qui porte la rénovation du parti.
Et on a reconduit les mêmes! On a juste changé de leader pour la galerie mais tous les Jospinistes historiques sont encore là bien présents et tous n'ont envie que d'une chose: Surtout ne rien changer!

Changer d'organisation du parti

Il serait temps que le parti socialiste se présidentialise. La percée des verts montre qu'un mouvement politique doit être entrainer par une personnalité charismatique. Pourtant Cecile Duflot est une personne compétente, travaille à l'unité collective du parti mais si ça avait été elle la leader dde la campagne les verts n'auraient pas fait le même score. C'est une évidence.
Alors oui il faut travailler collectivement, qui pense le contraire?, mais il faut aussi un leader populaire à la tête du parti socialiste. Encore une fois l'exemple des verts est parfait. On doit mettre une personnalité présidente du PS et un premier secrétaire qui en serait la véritable cheville ouvrière et aurait ce mandat exclusif à faire vivre. Ce binôme est indispensable dans un grand parti, et il est aussi indispensable que le peuple français est un leader politique à visualiser pour les échéances futures.


Faire la rénovation.


La rénovation c'est quoi en fait? Rendre le parti plus attractif, plus démocratique, plus vivant tout en étant performant sur le fond. Comment le faire avec à sa tête la tendance Jospiniste du parti qui est farouchement contre la démocratie participative, qu'ils voient comme un populisme démagogique? Impossible. Comment faire confiance pour la rénovation à cet appareil socialiste qui a été élu pour faire barrage à la seule leader populaire du PS: Ségolène Royal? Impossible. Comment faire alors? Engager rapidement une consultation militante à grande échelle pour montrer qu'on existe, sur nos attentes, nos souhaits et notre conception du parti socialiste. La première chose à faire est de donner la parole aux militants. Si rien ne bouge alors on partira du parti. C'est certain.

La tentation de l'immobilisme

Il est fort possible que rien ne change et que tout continue comme avant bon an mal an. Car tout le monde est installé dans son confort, dans sa position et il y aura vite une modus vivendi sur personne ne bouge. Tout le monde pense à 2011 et n'a aucune envie de détruire cette fragile alliance mise en place qui a le mérite, a leurs yeux, de permettre à tout le monde d'y croire. On se dirige donc vers un statu quo mortifère.
Si c'est le cas je pense que l'on se dirige vers la fin du parti socialiste dans cette organisation du moins. Un parti entièrement électoraliste et dirigé par des élus. Un parti coupé des militants, coupé du peuple et qui ne représente plus que lui-même.

Il est l'heure de Ségolène Royal. On a vu que c'était elle qui attirait encore la population malgré la propagande sarkozyste. Et puis c'est elle qui a le courage des idées, qui travaille avec son association Désirs d'avenir en prise avec la société et les attentes du monde. C'est aussi elle qui est entourée des jeunes pousses prometteuses de la rénovation et qui saura les mettre en valeur. Il est indispensable pour le parti socialiste de changer de dirigeants et de conception démocratique. Je ne sais pas ce que fera Ségolène Royal mais elle a un choix important à faire. Tout en sachant que la majorité de l'appareil lui reste hostile. Sa seule chance est une nouvelle consultation militante sous une forme ou une autre, ou alors...tenter sa chance ailleurs. Le parti socialiste tel qu'il est s'enfonce dans la médiocrité. Ce n'est pas en gardant les mêmes qu'on en sortira. Il lui faut un électrochoc et un changement radical pour retrouver un enthousiasme populaire qui lui fait grandement défaut pour envisager les victoires futures.




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asse42 08/06/2009 14:23

Marie-laure

Je crois que dire du mal d'autrui est une spécialité socialiste. Ségolène Royal en a eu plus que sa part durant la présidentielle et durant le congrès.
L'appareil a vu ce que ça faisait d'être directement confronté à la sarkozie médiatique. Cela lui permettra peut-être de retrouver humilité et sens des priorités. Et la priorité est de mettre en avant nos leaders les plus populaires! There is no alternative!

SYLVAIN 08/06/2009 12:10

"Il faut un électrochoc"
Mais le PS en a eu combien depuis 2002??????

Pat 08/06/2009 10:19

Suis absolument d'accord avec ce qui est dit.Il y a longtemps que cette analyse est à l'ordre du jour sans que ça fasse bouger d'une ligne les caciques(planqués hier,pas vus sur les chaînes télé)Continuer ainsi c'est tuer le PS.Le veulent-ils? La seule capable de faire revenir les militants et de rassembler la gauche c'est bien S.Royal toujours mise à l'écart.Pourquoi son absence des plateaux hier? Quelqu'un pourrait me le dire?

Marie-Laure Meyer 08/06/2009 10:05

Ne peut-on faire une analyse en assumant nos responsabilités collectives sans mettre sans arrêt en cause des individus ? une des causes de nos échecs à répétition c'est qu'on en gagne aps en crédibilité en disant tout le temps du mal d'autrui (dedans et dehors )