Vers une recomposition politique.

Publié le par Asse42



L'élection de 2002 aura été la dernière du siècle dernier, c'est-à-dire comme étant celle du clivage gauche-droite affirmée. Malgré les mesures sociales comme la CMU ou l'APA, le socialisme n'a pas convaincu. Les électeurs de gauche attendant autre chose de la gauche qu'une soumission au libéralisme triomphant. On se souvient que c'est DSK qui a privatisé le plus les services publics, que c'est Fabius qui a inventé le bouclier fiscal et c'est Jospin qui a signé la mise en concurrence des services publics. Donc en 2002 les électeurs avaient le choix entre le paternalisme soft, le socialisme libéral et le nationalisme décomplexé. L'offre de gauche était inexistante.

En 2007 au contraire se fût la première élection du XXI ème siècle, c'est-à-dire une idéologie tranchée entre deux conceptions d'avenir d'une société humaine: La libérale représentée par Sarkozy qui pense qu'il faut alléger les charges collectives pour permettre l'épanouissement individuel, et la socialiste représentée par Ségolène Royal qui pense qu'une société humaine doit construire des solidarités collectives pour permettre à tous les individus de réussir.
Ces deux visions ont largement dominées toutes les autres. Il n'y a pas de troisième voie. Bayrou piochant à droite et à gauche pour construire son programme n'avait pas de vision originale, l'écologie se fond dans le socialisme et il ne reste plus que la révolution communiste incarnée par Besancenot et le nationalisme par le FN. Rien d'autre. Le combat est donc entre deux idéologies distinctes.

Ce combat d'avenir est biaisé car le libéralisme ne s'avoue jamais à la lumière. Il ne se revendique jamais complètement craignant d'être désavoué par le peuple citoyen. C'était le cas pendant la période 2007-2008 avec l'évènement du Bling-bling qui a écoeuré. Il doit donc louvoyer, se donner des airs sociaux, mentir éhontément au peuple citoyen en s'appuyant sur ses énormes moyens financiers. Car c'est sa grande force. Le libéralisme est le défenseur des finances privées. Il a donc à sa disposition un trésor de guerre inestimable qui l'aide à gagner la lutte d'influence au niveau médiatique. Les médias ont bon dos de relayer cette parole libérale puisqu'elle est demandée par leurs patrons. Mais le pire est lorsque ce libéralisme triomphant arrive aux commandes de l'état, soi-disant garant de l'équilibre de la collectivité. On se rend compte alors qu'il n'hésite pas à mettre les moyens collectifs au service de ses intérêts privés. Berlusconi, Bush, Aznar, sarkozy,...en font la démonstration flagrante. ce n'est ni plus ni moins qu'un fascisme soft comme le dit si bien cet article d'intox2007. L'objectif est d'éradiquer toute forme d'opposition pour se perpétuer.

Pourquoi croyez-vous que les médias s'obstinent à dire qu'en face il n'y a rien , pas d'idées? Alors qu'ils savent très bien qu'il y a eu une vision socialiste du XXI ème siècle véhiculée lors de la campagne de 2007. Une vision qui pense que la démocratie doit être rendue aux citoyens et que c'est avec eux que l'on doit construire une société meilleure. Un socialisme qui garantit les services collectifs, qui prône le respect de l'environnement et un ordre juste des choses où chacun ait des droits et des devoirs.
Le problème c'est que ce socialisme là n'a pas été défendu avec assez de convictions par les socialistes eux-mêmes alors que la droite libérale faisait corps jusque dans le mensonge. Au sein du parti socialiste il existe une fracture idéologique entre les sociaux-libéraux incarnée par les Jospinistes, DSK voir Fabius, et les sociaux-républicains humanistes qui se revendiquent socialistes avant tout, dans la lignée d'un Jaurés. Un socialisme républicain qui n'accepte pas l'entrée dans l'Otan, ni d'être le valet de l'occidentalisme dans le choc des civilisations. Cette fracture idéologique explique pourquoi nombreux sont ceux qui ont rejoint le sarkozysme qui correspond plus à leurs convictions que le socialisme républicain incarné par Mélenchon ou Royal.

Ainsi il est donc envisageable de voir à l'avenir des sociaux-libéraux comme DSK rejoindre le camp du sarkozysme. Serait-ce une catastrophe? Je ne le pense pas bien au contraire. Il est temps de clarifier les clivages essentiels entre les uns et les autres. Pour cela il aurait été bien que ce clivage perdure à travers les deux personnalités politiques dominantes que sont Sarkozy et Royal. Mais au sein du parti socialiste, la mouvance libérale a utilisé tous les moyens pour gagner et nommer à sa tête une personnalité de composition. Capable de parler comme une socialiste en se réappropriant les expressions de Ségolène Royal, tout en véhiculant une image libérale. Autrement dit Aubry n'a pas encore choisi son camp distinctement. Soit elle ne le veut pas, soit elle ne le peut pas, soit elle n'en a pas les capacités. Elle représente le non-choix du parti socialiste et donc contribue à son inaudibilité pour le plus grand bonheur du sarkozysme. Jusqu'à quand? Jusqu'à ce que le PS explose en morceaux? Je crois que ce serait dramatique pour les années qui viennent et donneraient au sarkozysme un avantage décisif. La seule chance de survie pour le PS est qu'il soit incarné par une personnalité socialiste et se revendiquant ouvertement comme telle. Comme Ségolène Royal le dit si bien à Athènes lors de la conférence sur l'avenir des gauches en Europe:


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bourbon 24/05/2009 09:57

bonjour
je trouve votre blog bien, je soutiens segolene depuis 2002.me tenir au courant d'évolution du blog a bientot

jpb 23/05/2009 21:23

C'est exprès cette désynchronisation entre le son et l'image ?

Tu sais Asse42 que Jean Jaurès ne bafouillait pas ?

Asse42 23/05/2009 22:00


Jpb je savais que tu étais un contemporain de jaurés