Ségolène Royal incarne une volonté de changement des militants.

Publié le par Asse42



On fait le procès à ségolène Royal d'avoir émerger en dehors du parti et de parfois tirer contre son camp. C'est faux. Elle a émergé car il y a eu une volonté militants qui attendait enfin un leader capable de leur parler concrètement de leur réalité et qui insufflait un esprit de camaraderie dans ses réunions publiques puisqu'elle ne passait pas son temps à critiquer ses autres "camarades" mais à proposer l'avenir.


C'est cet engouement incontestable pour une autre façon de faire de la politique qui a propulsé ségolène Royal sur le devant de la scène à gauche. L'appareil du parti en place a tout de suite cherché à la disqualifier car il sentait que cette candidature était dangereuse pour eux car elle portait en elle les germes de la vérité et de la sincérité. Ils l'ont donc qualifiée de "populiste" parce qu'elle était proche des gens en leur proposant des solutions crédibles susceptibles d'améliorer le quotidien et leur permettant de s'inscrire dans un avenir plus humain.
Sa campagne présidentielle participative fut un modèle du genre sur l'idée qu'elle se faisait de la politique. Elle a compris qu'on ne pouvait plus faire de la politique sans les gens concernés par les décisions. Elle a impulsé une volonté de révolution démocratique où dans le processus de décision publique on associe la participation des citoyens concernés. On constate que cette pratique politique s'inscrit peu à peu dans les esprits et même à droite. Car de toutes façons ce sera incontournable pour l'avenir.
C'est cette volonté démocratique qui a inspiré une grande ferveur populaire comme jamais. Enfin on pouvait espérer un vrai changement de société en créant des rapports humains nouveaux.

Mais cette volonté s'est heurtée comme vous le savez à des intérêts puissants. Des intérêts puissants venant de gauche comme de droite. Et le congrès de Reims en fut le parfait exemple. Car on a vu les dirigeants du parti cherchant à tout prix à s'unir face à ségolène Royal quelles que soient leurs divergences politiques et en prenant acte du Modem pour expulser la motion E d'une unité des socialistes! C'est révélateur d'un état d'esprit insincère, démagogique et sectaire.
Pourquoi faire un cassus belli du Modem alors que dans toutes les motions des élus locaux ont fait des alliances avec lui? Quelle cohérence idéologique entre BD, le libéral, et Hamon? On a vu étalé devant nous toute la mauvaise foi, toute l'hypocrisie dont ce vieux parti est porteur et qui détruit patiemment notre envie d'une gauche humaniste, solidaire et ouverte sur la société. Cette gauche là donne envie de fuir devant tant d'inhumanité et de compromission. La figure de proue de cet appareil sera donc Aubry qui, il est vrai, l'incarne au mieux. La démagogie Jospiniste de la soi-disante gauche pure et dure appuyée par DSK et Fabius est symptomatique de tout ce que porte comme compromission et de non-respect des militants de gauche. D'ailleurs elle ne s'en cache pas, avec elle on reviendra à la vraie politique c'est-à-dire sans les militants.

Alors ce congrès de Reims a achevé d'ouvrir les yeux aux français sur le pourquoi de la défaite de ségolène Royal au présidentielle. Avec un appareil du parti qui a fait dans l'ombre campagne contre elle. Et leurs mensonges de ce week-end est révélateur de cela. Bertrand delanoë ne sort pas grandie de ce congrès où il n'a fait preuve d'aucun courage ni fierté. Il s'est gardé une chance pour 2011 sa seule ambition. Comme d'ailleurs tous les autres qui n'ont que cette idée en tête: être vivant en 2011. Mais ils n'ont même pas été capable de s'unir entre eux pour contrer ségolène Royal tellement ils se haïssent entre eux. C'est cela l'esprit de ce vieux parti d'élus qui a exclu les militants de toute implication politique et qui se sclérose sur des manœuvres politiciennes plutôt que de se tourner vers les français.

Le choix du 20 novembre sera donc clair entre deux conceptions opposées du parti. Nous verrons dans quelle mouvance basculera Hamon ensuite. En tant qu'ancien directeur de cabinet d'Aubry on peut imaginer par la suite un rapprochement. Mais peut-être que sa volonté de changement et de renouvellement des pratiques le rapprochera de nous. Ce sera son choix et il le fera en conscience car je ne le vois pas interférer dans ce débat au plus haut niveau.
C'est donc nous militants socialistes qui seront appelés à départager les leaders qui se présentent à nos suffrages. Le choix sera clairement le vôtre ou celui de l'appareil socialiste. Celui qui vous ment avec aplomb, comme la droite d'ailleurs, celui qui vous snobe, celui qui vous manipule pour leur propre intérêt, ou alors le choix du respect des militants, de leur future implication dans la construction du projet de gauche, une gauche ouverte et tolérante aux autres. Ce choix sera le vôtre et ce choix engagera la rentrée ou non du socialisme dans le XXI ème siècle.

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