Les rénovateurs contre les conservateurs.

Publié le par Asse42

 

Ce congrès de Reims peut être historique car il va faire exploser les vieux clivages au sein du parti socialiste.

Depuis le vote du 6 novembre on voit que l'équipe de ségolène Royal cherche le rassemblement sur le fond. Elle le fait en toute transparence en mettant en avant ses propositions, en revevant les exigences des autres motions et en finalisant le projet politique de fond. C'est ce qui est en train de se passer et si les socialistes regardaient tranquillement le texte ils verraient que rien ou presque ne les différencie. Même du côté d'Hamon qui joue à se prétendre plus à gauche que les autres il n'y a pas de différences et même il est parfois plus faible dans sa motion sur la défense des salariés que la E par exemple. Donc si la raison l'emporte alors on pourrait avoir un consensus de l'ensemble des socialistes sur le projet politique. Un projet qui serait ensuite débattu, enrichi avec toutes les forces de progrès. Mais là n'est pas le cassus belli.

Non ce qui bloque ce sont deux événements qui perturbent profondément l'appareil du parti socialiste: la candidature de ségolène Royal et sa volonté de rénovation.
La candidature de ségolène Royal est légitime. Pendant le vote des motions elle a choisi de ne pas personnaliser sa motion pour mettre en avant une équipe et un projet. Maintenant qu'elle a gagné, cette motion est en droit de choisir la candidature pour la représenter. Et qui d'autre que ségolène Royal? Face à cette candidature il peut se présenter un front du refus des battus qui savent, que si elle prend la tête du parti ce sera dur pour eux de revenir dans la course. A moins de faire le calcul de perdre toutes les élections prochaines et largement. Je ne le pense décemment pas.
Mais avec ségolène Royal monte une volonté farouche de rénovation du parti socialiste de fond en comble. A mon avis il faut le mettre enfin en configuration démocratique avec une présidence, un premier secrétaire et des secrétariats identifiés sur tous les sujets de société comme l'écologie, les institutions, l'industrie, le social, etc...Ainsi les compétences de chacun seraient mis en valeur et le gouvernement aurait en face de lui un contre-gouvernement efficace car préparé. Mais ce n'est pas la seule volonté rénovatrice. La motion E porte en elle l'envie d'ouvrir très largement le PS sur la société pour attirer à lui des milliers de personnes et faire un parti à 500000 adhérents lui donnant une assise populaire incontestable et donc le rendant compatible avec les attentes de la société. Et cela fait peur à beaucoup de notables qui se savent un peu dépassés voir ont des positions conservatrices qui sont parfois difficilement compatibles avec un idéal de gauche.
Enfin il y a une volonté de décentraliser au maximum en donnant plus d'autonomie et de pouvoir aux fédérations. L'objectif étant que la parole du terrain remonte jusqu'au sommet. C'est une inversion radicale des pratiques politiques qui est demandée. Et les plus anciens conservateurs, jaloux de leurs prérogatives, ont plus de mal à l'accepter.

C'est cela donc l'enjeu véritable du congrès de Reims. Et ce pourquoi ségolène royal et son équipe ont du mal à rassembler. Personne ne veut en fait quitter sa position défensive et prendre le risque de se fondre dans une majorité. Chacun y croit encore. Et surtout il y a dans l'ombre des fortes personnalités du passé qui ne veulent pas d'un parti dirigé par ségolène Royal. Les Fabius, DSK, Emmanuelli, Jospin, Rocard, Lang, Mauroy et autres savent que c'est aussi la fin d'une époque qui se joue pour eux. Et c'est dur à admettre alors ils pésent de tout leur poids sur leurs "poulains". Ainsi Delanoë, Aubry, Hamon sont aussi instrumentalisés par eux pour refuser toute tentative de rassemblement.

Et bien je pense qu'il faudrait que les militants puissent clairement trancher ce qu'ils veulent en conscience. J'appelle donc clairement le front du refus, ou les conservateurs, à se regrouper derrière une candidature unique qui pourrait être celle d'Aubry. Et que tout le monde choisisse son camp. Une fois fait les militants trancheront une bonne fois pour toutes et on pourra enfin dégager une vraie majorité et une vraie minorité dans le parti. C'est, à mon avis et à défaut de volonté d'unité, le seul cas de figure capable de clarifier la situation pour l'avenir.

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