La république du respect

Publié le par Asse42

Ségolène Royal depuis la campagne des primaires socialistes de 2006, porte un message de construction d'une république du respect. Son socialisme s'appuie sur des valeurs fondamentales d'humanisme sans nier l'importance de l'efficacité économique car nous vivons dans un temps capitaliste où l'argent est encore la valeur-étalon de la réussite. Malheureusement.

Son socialisme se veut représenter l'ensemble de la société et ne peut donc se satisfaire de la seule lutte des classes et du seul combat social. Bien sûr il est parfois indispensable et la mobilisation des enseignants de ce jour montre qu'il est toujours utile de rappeler à la collectivité les valeurs importantes à défendre. Et l'éducation doit être le pilier d'une société misant sur l'avenir. Car c'est là que se construit la citoyenneté, c'est là où on apprend le vivre ensemble, c'est là où se côtoie la multitude de la diversité. C'est pourquoi elle insiste toujours sur les valeurs de la république française. Elle est attachée à son histoire et à ses symboles. C'est pourquoi dans la motion E il y a une mesure spécifique disant qu'il faut créer une cérémonie républicaine pour tous les jeunes devenant des citoyens libres et assumés. En faisant une cérémonie qui peut prendre différente forme, on donne à l'ensemble de sa jeunesse et des citoyens d'avenir la conscience de vivre dans une collectivité et la fierté d'en partager les valeurs. Je suis persuadé que si cette cérémonie existait depuis longtemps alors nous n'aurions plus les sifflets de la marseillaise tout simplement parce que cela ne viendrait plus à leur esprit de le faire.

Ce socialisme républicain implique donc d'encourager les différents acteurs de la société à travailler ensemble pour le bien de l'intérêt général. Dans l'économie il faudra promouvoir un modèle qui donne à chaque acteur la possibilité de vivre dignement. Le travail doit payer justement. Et chaque travailleur doit vivre dignement. Il est intolérable de constater que les travailleurs pauvres se multiplient dans notre pays. Ce n'est pas la précarité qui fait l'efficacité économique c'est la confiance! Superbe phrase prononcée par Aghion (professeur économie à Harvard) lors d'une vidéo passée lors du rassemblement du Zénith. Ce grand économiste insiste sur la nécessité de refonder le lien social entre les dirigeants et les salariés pour redonner un souffle à l'entreprise, du dynamisme et donc de l'efficacité.

La collectivité doit encourager cet état d'esprit à émerger dans notre société. Mais comment? Par la taxation, par la coercition, par la punition? Non. Par l'incitation. Le donnant-donnant. Lors de chaque aide publique dispensée par une collectivité, il doit y avoir en échange un retour positif. par exemple en contrepartie on pourrait exiger une représentation forte des syndicats et que ceux-ci soient associés dans les conseils d'administration des entreprises. On pourrait exiger la parité des salaires. On pourrait exiger, comme ségolène Royal l'a fait dans sa région, que les entreprises proposent en contrepartie des contrats de travail durables. C'est  cette mesure spécifique qui est à l'origine de la disparition du CNE puisqu'elle a été trainée aux tribunaux par la préfecture et a gagné à chaque fois jusqu'à ce que l'Europe valide l'abandon du CNE. On peut exiger aussi un comportement citoyen responsable de notre environnement. Une plus grande prise en charge des conditions de travail, de la santé et du respect de l'environnement. Ce la peut paraitre énorme à mettre en place alors qu'il n'est nul besoin de réformes fondamentales, il suffit juste d'inventer un nouveau rapport entre les individus et la collectivité. Un rapport basé sur le respect.

Le respect s'adresse aussi à l'ensemble des citoyens de notre pays. Qu'ils soient français ou étrangers sur notre territoire ils doivent avoir des droits fondamentaux reconnus par la république. Nous ne pouvons pas accepter les centres de rétention où s'entassent des hommes et des femmes qui n'ont pour seul crime le fait de ne pas avoir de papiers! J'aime cette phrase prononcée par ségolène Royal lors de son discours de Villepinte: Nous ne nous sauverons pas tout seul. Elle veut tout dire. Et la définition de la fraternité qu'elle nous a donné au Zénith était: La Fraternité c'est penser à l'autre. Toujours. Car ce qui lui arrive de bon nous arrivera de bon aussi chez nous. Si nous avons conscience de cette vision de l'humanité nous comprenons bien alors les migrations de la misère, de la pauvreté, des conditions de vie difficiles parfois, souvent mêmes, dues à notre égoïsme et notre cupidité. Alors ne nous voilons pas la face, regardons le monde tel qu'il est et cherchons des solutions pour améliorer le sort de chacun. Cela passera par une refondation de notre aide au développement. Elle doit se faire non en vendant des armes ou des centrales nucléaires mais en favorisant les énergies renouvelables, l'éducation , la santé. C'est comme cela que nous pourrons construire un monde plus juste car plus humain et permettre ainsi à chacun de trouver sa place.

La république du respect ce n'est donc pas une vue de l'esprit. La France présidente voulait montrer l'importance donnée à l'ensemble des français pour construire l'avenir. Notre volonté était de n'exclure personne. Contrairement à cette droite qui nous gouverne et cherche constamment des boucs émissaires à nous faire haïr pour prospérer. Contrairement aussi à la vision socialiste d'avenir des autres motions qui n'osent pas être aussi offensive dans leur vision. Soit concernant les militants, soit concernant les alliances futures, soit concernant la mondialisation, la stratégie du repli, de la protection défensive ou du rejet même parfois est symptomatique d'un socialisme arrêté. Un socialisme qui doute de son avenir, de sa force, de son idéal et de sa place dans la mondialisation.

Avec ségolène Royal ce ne sera pas le cas. Elle prône un socialisme de mouvement, imaginatif, créatif, populaire. Un socialisme dynamique, accueillant et ouvert. C'est cela qu'elle a commencé à construire pendant la campagne présidentielle et c'est à cela qu'elle nous invite pour l'avenir. Amis et camarades relevez la tête, regardez l'horizon et imaginez le socialisme de demain. Imaginez le conquérant mais sans arrogance, sans mépris pour les autres. Un socialisme qui rassemble car il sera en harmonie avec les valeurs fondamentales qui constituent l'histoire de notre pays. Un socialisme du progrès pour tous et du respect pour chacun.

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