Les trois visions socialistes en compétition.

Publié le par Asse42


Il me semble, qu'alors nous rentrons dans la dernière ligne droite, intéressant de mettre en perspective les 3 visions d'avenir principales qui vont s'opposer au congrès de Reims et qui vont engager le parti socialiste pour les prochaines années.

La vision sociale-libérale.

Cette vision est partagée par Delanoë et Aubry. Elle est directement issue du Jospinisme dont ils se revendiquent tous les deux les héritiers. Leur opposition n'est que de personne. Ils revendiquent l'action du gouvernement Jospin dans leur entiéreté. Ils revendiquent donc le fait que ce soit ce gouvernement, et sous leur impulsion avec DSK, qui ait signé la mise en concurrence des services publics. Ce qui arrive à la poste était dans les germes de cet accord de Barcelone voté par les sociaux-libéraux! J'insisterais aussi sur la privatisation à marche forcée pour dégager des marges de manoeuvre... Comme fait la droite quoi. Comment ensuite se démarquer dans l'opinion puisque de toutes façons une fois au pouvoir nous ne faisons pas un programme socialiste mais nous nous adaptons au système libéral. Cette vision politique s'appuie pourtant sur le dogme du refus de l'ouverture au centre! Sûrement pour se gauchiser dans l'opinion. Ces tenants du social-libéralisme sont des allergiques à la démocratie participative, d'ailleurs une fois au pouvoir ils ont bien montré leur aptitude au dialogue avec la société! Exactement comme la droite encore une fois. Enfin ces sociaux-libéraux ne veulent pas d'un parti de masse et populaire. Ils veulent au contraire le verrouiller pour pouvoir le dominer. C'est ce que fait avec détermination Delanoë à Paris.

Bref pour moi c'est la pire vision d'avenir du PS et du socialisme puisque c'est un abandon de nos valeurs.

La vision social-communiste.

C'est la vision socialiste dogmatique, voire sectaire, du socialisme. C'est une vision qui revient en force avec la crise du capitalisme financier. Elle peut donc parvenir à montrer qu'elle incarne l'avenir en s'opposant à la vision libérale. C'est sa force et sa constante. Elle n'existe que dans le rejet du système capitaliste et n'apporte comme réponse que le repli sur soi, le protectionnisme et les nationalisations. On peut partager plusieurs de leurs objectifs notamment sur l'Europe mais on ne peut cautionner leur méthode pour cela. pour eux il faut s'opposer de l'extérieur, refuser tout compromis et appeler au changement avant d'adhérer. C'est aussi une vision qui ne veut se rassembler qu'à gauche, qui refuse toute ouverture et qui raille, bizarrement?, lui aussi la démocratie participative. Ils refusent l'idée des citoyens experts.

Je dirais pour la définir que c'est une vision qui apporte de bonnes idées à la gauche, notamment Larrouturou, Fitoussi et Mélenchon,mais qui ne sait pas débattre et ne prône aucune ouverture sur la société. Tout ce qui ne leur ressemble pas est caricaturé. Dommage.

La vision  social- républicaine.

C'est la vision que nous partageons dans la motion E. C'est une vision socialiste qui s'appuie sur l'affirmation de nos racines républicaines en abandonnant le dévoiement qu'a été pour lui le marxisme et le libéralisme. C'est un socialisme qui se revendique historique et qui pense que l'idéal républicain est incarné par le socialisme d'avenir. C'est une vision qui revendique la Liberté, l'Egalité, la Fraternité et la Laïcité comme valeurs d'avenir. Vous pourriez me dire que tout les socialistes s'en revendique mais on a vu que les différentes sensibilités ne leur accordaient pas le même intérêt. L'émancipation individuelle permettant d'accéder à la Liberté de conscience, de savoir s'appui sur l'Egalité qui met en commun les outils pour se faire. Mais cela doit avoir comme objectif ultime de créer une société humaine fraternelle où l'humanité ne penserait qu'a faire le bonheur des autres sachant que cela contribuera au sien. On en est encore loin. Mais est-ce une raison pour moquer l'idéal? Je ne crois pas surtout venant de socialistes se définissant comme camarade. L'outil pour progresser sur le chemin de cet idéal est la démocratie participative puisqu'elle met en valeur les individus en les faisant participer au processus de développement. Sans exclusive et sans tabous. Cette volonté de Fraternité se retrouve dans la totalité de la vision d'avenir bien sûr. Nous sommes pour un parti de masse, populaire et ouvert sur la société. Nous sommes pour une alliance la plus large possible entre ceux qui partagent les valeurs fondamentales du progrès humain. A charge pour nous de les faire cohabiter ensemble en les valorisant spécifiquement suivant leur domaine de prédilection. Nous avons la volonté de s'ouvrir à toutes les bonnes volontés humanistes du corps social qui souhaitera faire gagner les valeurs de la république originelle: la socialiste.

Ce sont donc 3 visions différentes du PS et du socialisme qui sont en compétition au congrès de Reims. Cette compétition prend tout son sens avec la crise mondiale que nous vivons. Doit-on accompagner le mouvement du sauvetage financier avec la droite? Doit-on refuser radicalement et proposer le protectionnisme? Doit-on proposer un changement de système par l'incitation sans brutalité? La réponse à ces questions engagera le socialisme pour les années à venir. Et entrainera la conception d'une nouvelle organisation du parti. Veut-on un parti fermé, limité? Ou veut-on un parti ouvert, attractif et populaire?

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