Nous sommes en pleine préparation du congrès et nous sommes en plein débat, normalement , pour faire émerger un projet politique capable d'incarner le renouveau du socialisme. Un projet politique appuyé sur une équipe dirigeante, elle-même en appui sur les adhérents et ouverte sur les forces vives de
la société pour lui donner de la force et de l'ampleur. Ensuite nous devrons élire notre leader capable de nous représenter au niveau national et incarnant ce nouveau projet politique.
Actuellement malheureusement nous sommes plus occupés à parler des personnes, même si la crise merci à elle, permet de parler enfin de la vision de fond à opposer au capitalisme. Lorsqu'on le regarde bien les analyses faites par les différentes motions socialistes on constate que nous partageons tous le même constat de la faillite de ce système qui met les valeurs financières au-dessus des valeurs humaines. Ce n'est plus supportable. Ce qui nous différencie ce sont les réponses à cette crise. Et je constate qu'il n'y a que ségolène Royal, et son équipe, qui font des réponses précises et argumentées. d'autres aussi font des réponses mais plus "générales". Ce n'est pas moins noble mais ce n'est pas suffisant.
Quand j'entends Martine Aubry reprendre mot pour mot le pacte présidentiel je me dis que l'on n'a pas si mal travaillé ces deux dernières années. Je constate que tous les thèmes sortis par ségolène Royal se sont imposés dans le projet socialiste naturellement. Personne ne conteste plus la nécessité de voir émerger un ordre juste. Et depuis aujourd'hui plus aucun socialiste ne pourra railler en conscience la Marseillaise, l'hymne républicain, à la fin des meetings. Nous sommes d'accord pour faire émerger une croissance nouvelle s'appuyant sur l'économie, le social, l'environnement. Nous sommes d'accord pour vouloir une Europe plus sociale, plus démocratique et plus efficace économiquement. Nous sommes d'accord pour vouloir un PS fort capable de parler sur sa gauche, il faudra aussi l'être pour qu'il puisse le faire sur sa droite. Sans se renier.
Je remarque que chaque motion peut être intéressante en apportant son originalité. J'avoue que j'ai un faible pour la motion d'Hamon parce que j'aime beaucoup Larrouturou ou Filoche voire Mélenchon que j'apprécie de plus en plus. Je partage certaines mesures sociales. Mais pour les faire appliquer il faudra que le socialisme gagne d'abord...
Quand on fait objectivement le constat on peut dire que rien ne nous divise si largement que nous serions irrécupérable. Nous sommes socialistes. Et en fait ce qui se joue c'est une lutte d'ambition personnelle légitime pour diriger le futur PS. Cela on le sait est source de division parfois frontale et on en sait quelques choses nous les blogueurs. Tous les leaders ont des qualités mais le problème c'est qu'ils veulent tous être le leader. Tous, c'est trop. Par le passé la légitimité était acquise par le candidat à la présidentielle. C'était à lui que revenait de droit le titre. Il se trouve que les règles ont changé en 2007 et que la candidate légitime a été priée d'attendre. Et d'attendre longtemps puisque cela fait un an et demi que nous attendons la tenue de ce congrès socialiste pour enfin valider nos choix pour les uns et les autres.
Camarades pourtant j'ai fait un rêve. J'ai fait le rêve que nos leader socialistes se décidaient à ouvrir les yeux et à regarder la réalité en face. La personnalité qui incarne le socialisme d'avenir actuellement c'est ségolène Royal. C'est incontestable. Malgré les critiques externe et internes à notre parti, malgré les moqueries et les railleries, c'est elle. Alors que faire? Continuer à la combattre frontalement? Continuer à insulter les militants qui la soutiennent? Continuer à exciter les passions des uns et des autres? Non. Je crois qu'il serait responsable que tout le monde décide de mettre entre parenthèse ses petites ambitions personnelles pour les mettre au service du collectif socialiste. Avec le crise qui s'ouvre pour le capitalisme libéral nous allons avoir l'opportunité de proposer au monde un projet socialiste novateur. Pour ce faire nous aurons besoin de toutes vos compétences. Personne ne dit que ségolène Royal est parfaite. Mais vous non plus. Par contre, et elle le dit elle-même, elle ne sait pas tout. Elle a besoin des autres pour avancer et c'est la seule personnalité assez charismatique pour nous faire avancer collectivement et pour donner l'envie à d'autres de nous rejoindre.
J'ai donc fait le rêve de vous voir tous rassembler à ses côtés. Des combats à mener il y en aura et pour tout le monde. Le peuple attend énormément de cette gauche pour qu'elle lui montre un autre horizon possible que de courir après la chimère d'être milliardaire. Ça ne suffit ps pour être heureux. Le parti socialiste est à un tournant historique. On peut décider soit de l'utiliser positivement soit négativement. Je vous demande donc de bien réfléchir, et d'ouvrir les yeux. Et je sais que ségolène Royal est assez ouverte d'esprit pour permettre à chacun de s'exprimer suivant ses compétences. Il y a parmi nous des anciens expérimentés et des jeunes dynamiques. Il faut harmoniser nos expériences pour rendre le PS plus fort et pour faire gagner le socialisme dans le XXI ème siècle.
Amis et camarades, soyons dignes de l'histoire.
Ce 15 octobre, Ségolène Royal, la présidente de la région Poitou-Charentes est venue soutenir les 1 600 salariés de
l'usine Ford de Blanquefort, en Gironde. La dirigeante socialiste était très attendue par les employés de l'usine, qui espèrent faire de leur site un pôle pour les véhicules électriques. Et ce,
au moment même, où Ségolène Royal vient de présenter au salon de l'automobile "son" prototype de voiture électrique à 5 000 euros...
"Les prochains mois seront cruciaux pour Ford Blanquefort", rappelle, à la tribune, Francis Wilsius, secrétaire du CE de Ford Blanquefort. En effet, les mauvaises nouvelles s'accumulent pour les 1 600 salariés de l'usine. La semaine dernière, la direction ne prévoyait que 5 semaines d'arrêt d'activité, mais elle vient de leur annoncer que la production devrait s'interrompre près de 7 semaines d'ici la fin de l'année, du 24 octobre au soir au 17 novembre puis du 12 décembre au 6 janvier. Du côté des négociations avec de potentiels repreneurs, c'est "silence radio". "Nous ne sommes au courant de rien", se désole Kadir, 37 ans, un ouvrier, père de 3 enfants.
Ségolène Royal promet de revenir avec des chefs d'entreprises
Pourtant, "nous avons de nombreux atouts pour faire de notre site un pôle industriel dans le domaine du véhicule électrique", clame Antoine Martos, secrétaire adjoint CGT à Ford Blanquefort, en s'adressant à Ségolène Royal. Le message a été entendu par la dirigeante socialiste : "comment comprendre que l'Europe trouve 1 700 milliards d'euros pour sauver le système bancaire et que l'Etat français ne mette pas la centaine de millions d'euros nécessaires pour relever son industrie ?", s'interroge-t-elle. Evoquant son projet de véhicule électrique à 5 000 euros mis en place dans sa région, elle enchaîne aussitôt en déclarant "qu'il est vrai que des coopérations sont possibles entre la Région Aquitaine et Poitou-Charentes" pour faire du site de Ford un pôle dédié au véhicule électrique. Mais, étrangement, "il n'y avait personne aujourd'hui de la Région Aquitaine", déplore Francis Wilsius.
La crise financière pourrait compliquer les négociations avec les potentiels repreneurs
Pour prouver sa bonne foi, Ségolène Royal s'est engagée à revenir une troisième fois, à Ford Blanquefort avec les entreprises qui ont travaillé sur son projet de véhicule électrique pour voir "si le site girondin est adaptable". "Nous jugerons sur les actes. De toute façon, un tel projet ne peut pas être mis en place avant 2013", s'inquiète Francis Wilsius. Avant cela, les salariés de Ford Blanquefort espèrent en savoir davantage sur les potentiels repreneurs. A cet effet, une délégation de salariés doit être reçue le 23 octobre à Bercy par des collaborateurs de Christine Lagarde. "Espérons que, malgré la crise financière, les banquiers suivront ceux qui sont prêts à nous racheter", souligne Francis Wilsius. Car, la crise économique pourrait bien compliquer le sort des 1 600 salariés de l'usine.
Nicolas César
Interview
accordé à un journaliste de BFM (mais non diffusée) par Freddy PAMBOU, un militant socialiste de base.
Publié par Pusiher sur Le Post
Ségolène Royal est contestée au PS et de nombreux observateurs lui prédisent un congrès difficile.
Le problème du Parti socialiste n'est pas Ségolène Royal, mais la formidable mauvaise foi de ceux qui lui contestent sa légitimité. Voilà une personnalité qui a été désignée démocratiquement par 60% des militants, menée campagne quasiment seule (avec l'appui des militants et des élus locaux), qui a effacé le souvenir douloureux de 2002 et réussi à faire bonne figure au second tour. Et qu'est-ce qu'on entend? Qu'elle ne serait pas légitime à diriger le PS. La mauvaise foi est d'autant plus flagrante que ni Mitterrand ni Jospin(qui ont tous deux échoué à deux reprises à l'élection présidentielle) n'ont subi un tel procès.
Quelles sont les forces et les faiblesses de Ségolène Royal?
Ségolène Royal est une personnalité charismatique dont l'image est bien installée dans le pays et notamment dans les couches populaires où elle réalise ses meilleurs scores en terme de popularité. Elle a gagné la bataille de l'incarnation. Oui, elle incarne une certaine gauche, optmiste, volontaire, métissée, décomplexée sur un certain nombre de sujets et qui n'hésite pas à briser les codes, à innover. Cependant elle souffre encore d'un déficit de présidentiabilité. Elle n'a pas encore gagné sa stature de femme d'Etat, malgré ses efforts et ses nombreux déplacements à l'étranger. Le facteur machiste n'explique pas tout. Elle doit s'améliorer au niveau de la connaissance des dossiers et montrer plus d'assurance dans ses options politiques.
Bertrand Delanoë et Martine Aubry la devancent désormais très nettement dans les sondages, notamment chez les sympathisants socialistes. Est-ce le début de la fin de l'astre Royal?
Il n'y absolument là rien de surprenant. Elle a tout de même perdu l'élection présidentielle! A l'inverse, Bertrand Delanoë et Martine Aubry ont été brillamment réélus à la tête de leurs villes qui sont deux grandes métropoles. Il y en quelque sorte la prime aux vainqueurs. Cependant si regardez les choses de plus près, vous remarquez que Ségolène Royal resiste finalement assez bien, dans la mesure elle n'a pas du tout le soutien du parti et qu'elle subit quand même des attaques quasi quotidiennes de ses camarades qui sont moins pressés de demander des comptes à Lionel Jospin sur son lamentable échec de 2002 qu'à réclamer la tête de l'ex candidate. Sa détermination à vouloir exister politiquement au sein et en dehors du PS est même impressionnante. J'y vois là une remarquable force de caractère.
Revenons au congrès. Pensez-vous qu'elle a encore une chance de s'imposer et de devenir première secrétaire?
Contrairement à ce que j'entends ici là, les jeux sont loin d'être faits. Ségolène Royal reste populaire chez les militants et l'hostilité folle des éléphants à son endroit a soudé son camp. Sa motion est en tête des signatures (loin devant celles de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry), les réunions publiques animées par les tenants de sa motion sont celles qui rassemblent le plus de militants. Je pourrai muliplier les exemples. Aussi je vous invite à ne pas tomber dans le piège de l'intox et des sondages qui sont loin de réfléter la réalité du terrain. Allez assister aux meetings de Bertrand Delanoë ou de Martine Aubry. Vous serez frappé par le faible nombre de militants qui y participent. Même Vincent Peillon, l'un des proches de Ségolène Royal, attire à lui tout seul plus de monde. La tentation de manipuler l'opinion est d'ailleurs très forte chez certains médias, surtout en cette période d'avant-congrès. Les articles de Libération sont d'ailleurs, sur ce point, très édifiants. Que ce journal de gauche affirme son soutien à Bertrand Delanoë, cela ne me choque pas. Mais qu'il nous ponde quasiment tous les jours un article dénigrant Ségolène Royal, on peut légitimément s'interroger sur la tentative d'influer sur le choix des militants. Par ailleurs il faut bien admettre que les autres ténors ont l'avantage de s'appuyer sur le poids de l'appareil et des cadres. Ce qui n'est pas négligeable, compte tenu du reflèxe légitimiste que l'on peut observer dans certaines fédérations et chez certains militants.
Concernant le poste de premier secrétaire, je pense que Ségolène Royal a fait l'impasse. Elle n'y voit finalement que des avantages à ne pas y aller. Les échéances électorales qui attendent le PS s'annoncent difficiles. Les européennes risquent de tourner à la débâcle et il est presque certain qu'i ne conservera pas les 20 régions sur 22 qu'il détient. En outre, le congrès risque de ne pas dégager une majorité claire. Donc on risque d'avoir un premier secrétaire obligé de composer et d'amadouer les autres courants. Ce dont Ségolène Royal se sent totalement incapable. C'est un personnage qui aime avoir les coudées franches et qui a un goût prononcé pour l'autorité. Or il s'avère qu'elle ne veut pas simplement rénover le PS, en changeant deux ou trois choses, mais elle le veut le révolutionner complètement pour en faire une véritable machine de guerre, capable de concurrencer fortement l'UMP, quitte à y introduire un élément bonapartiste inconnu dans la culture de gauche. Pour ma part, je n'y suis pas contre tant que ça rend le parti à nouveau offensif et attractif.
En tout cas il est sûr que si sa motion arrivait très largement en tête au soir du 6 novembre (jour du vote) - ce qui n'est pas à exclure, mais difficilement envisageable en l'état actuel - je ne vois pas pourquoi elle ne ressortirait pas sa candidature du ''frigo''.
En cas de défaite au congrès que pensez-vous qu'elle va faire?
Elle va continuer à travailler, à voyager à l'étranger et à sillonner la France. Elle a prouvé que c'était une femme endurante et extrêmement déterminée. Le danger pour elle serait qu'elle voit fendre ses derniers soutiens au sein de la direction et qu'elle soit fortement marginalisée. Mais gageons qu'elle saura transformer cette marginalisation en force si jamais les divisions et les conflits d'ego reprenaient de plus belle au parti. Le fait d'être en retrait pourrait même la servir. Rusée qu'elle est, elle a déjà commencé à sillonner ses terres de Poitou-Charentes et à préparer sa réelection, histoire d'être en position de force en 2011, date de la désignation du candidat socialiste par les militants.
Finalement qu'est-ce qui distingue Ségolène Royal des autres tenors socialistes et comment jugez-vous l'attitude de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry à son endroit?
Sur la forme, Ségolène Royal est une personnalité qui - comme je l'ai dit plus haut - est dotée d'un fort charisme. Un charisme qui irradie l'endroit où elle apparaît. Ce n'est pas de la poésie, c'est un constat. Il est tout à fait incontestable que cette femme - au demeurant très belle - dégage quelque chose de particulier. Ce qui n'est pas le cas des autres. Notamment de Bertrand Delanoë, de Martine Aubry ou même de DSK qui nous renvoient une image assez classique et - disons le franchement - soporifique du Parti socialiste . Mais c'est surtout une personnalité qui a réussi - c'est à mettre à son crédit - le miracle de réveiller un parti socialiste que François Hollande a maintenu dans un terrible état de lhétargie et de paresse intellectuelle. Allez dans les sections et écoutez les réactions passionnées qu'elle provoque. Ca ne s'est jamais vu au PS! La radicalité des sentiments qu'elle suscite est incroyable. Ségolène Royal fascine ou irrite, mais ne laisse personne indifférente. C'est à la fois une force et une faiblesse. François Mitterrand a su en faire une force. Et l'histoire présidentielle montre que les Français n'aiment pas élire des candidats trop consensuels, trop lisses (Edouard balladur, Lionel Jospin peuvent en témoigner). Ils ont plutôt tendance à consacrer des candidats qui clivent (Nicolas Sarkozy étant le dernier en date).
C'est aussi le Zénith (j'y étais): une rupture radicale avec les messes socialistes habituelles, qui a aussi bien marqué les esprits qu'il a été vilipendé par les médias (à l'exception de Marianne qui a su garder son calme dans cette affaire et analysé l'évènement avec objectivité) et qui d'ores et déjà s'apprête à être un objet d'étude.
Sur le fond, elle a défendu des thèmes dont j'affirme - sans l'ombre d'un doute - qu'ils sont porteurs: la démocratie participative, l'ordre juste, la France métissée, l'encadrement militaire des primo-délinquants, les jurys citoyens, etc. Allez dans les quarties populaires et demandez aux gens s'ils sont contre la démocratie participative, contre l'ordre juste (surtout en ce temps de crise financière et de crise économique), contre la France métissée, contre l'encadrement militaire des primo-délinquants, contre les jurys citoyens. Tous ces thèmes font mouche auprès l'électorat populaire (tout le défi pour Ségolène Royal étant de les traduire en un corps de doctrine plus dense, plus travaillé, plus cohérent et qui insiste puissamment sur la dimension aussi bien sociale que sociétale).
Enfin quant à l'attitude de Bertrand Delanoë et de Martine Aubry, elle est symptomatique d'un Parti socialiste qui joue plus que jamais sur l'effet zapping. Les deux n'ont pas de divergences idéologiques avec la première. Ce sont tous des sociaux démocrates pro-européens. La vraie divergence est, en réalité, plus triviale: ni le maire de Paris ni la maire de Lille ont digéré la désignation de Ségolène Royal à la candidature présidentielle et d'avoir coiffé sur le poteau leurs ambitions (qu'ils n'ont jamais eu le courage d'assumer). Bertrand Delanoë, depuis son élection à la mairie de Paris, rêve d'un destin élyséen, même s'il a beau s'en défendre derrière une langue de bois sophistiquée. Quant à Martine Aubry, elle considère - à tort ou raison - que l'honneur d'être la première femme à représenter le PS à l'élection présidentielle aurait dû lui revenir, ne serait-ce qu'en raison de son passé ministériel et de sa filiation avec un grand nom de l'histoire du PS, Jacques Delors. C'est cela la vraie divergence - qui prend les allures d'un véritable réglèments de compte - entre ceux qui incarnent les héritiers de la jospinie et celle qui n'aurait pas dû être la où elle se trouve. Aussi je ne peux m'empêcher de rire quand j'entends dire qu'il y a un problème de leadership au PS. Le PS a un leader, mais les autres ténors et les médias font comme si il n'existait pas. Ce leader porte un nom: Ségolène Royal. L'argument est tellement martelé que les militant ont fini par se laisser convaincre. D'où l'état d'éclatement actuel du PS. On peut d'ailleurs remercier François Hollande qui a tout fait pour dilluer ce leadership (qui aurait tout naturellement dû revenir à l'ex candidate, comme cela fut le cas pour Lionel Jospin) en maintenant vaille que vaille le calendrier du congrès, alors qu'un message fort aurait dû immédiatement être délivré à la population après la défaite aux présidentielles et aux légisatives. Une fois de plus les considérations d'appareil et de carrière ont pris le pas sur la raison. Et maintenant on a droit à un feuilleton quotidien (et télévisé) où le PS donne à l'opinion l'image épouvantable de ses divisions, de ses combats d'ego, de la guerre de chef. Soyez certains que c'est François Hollande qui se rejouit du spectacle. Lui qui espère tirer ses marrons du feu et préserver ses propres ambitions présidentielles. Et il est - pour le coup - étonnant, étrange que soit Bertrand Delanoë qui vienne cautionner et légitimer cette attitude mortifère en faisant alliance avec ce dernier et en révendiquant son héritage. A t-il pensé lui aussi à sa carrière personnelle ou à l'avenir du parti? Je pose la question.
Quant à Martine Aubry, son alliance surprenante avec les fabiusiens (qui incarnent soit disant l'aile gauche), les strauss-kahniens et les amis d'Arnaud Montebourg (qui n'a d'amis que lui-même car ses troupes l'ont quasiment tous abandonnés) ne repose sur aucun fond idéologique (quoi de plus différent qu'un strauss-kahnien et un fabiusien), mais sur un seul objectif (qui constitue le seul dénominateur commun): empêcher Ségolène Royal de prendre le PS. Bref, un véritable combat d'arrière-garde, avec la détestation d'un personne du parti comme source de motivation. C'est tout simplement effrayant. Et je crains que les militants sincères qui soutiennent cette démarche soient les dindons de cette sinistre farce.
Finalement le seul qui est plus ou moins cohérent dans son opposition à Ségolène Royal , c'est le jeune Benoît Hamon (qui est un jeune cadre brillant et plein d'avenir). Lui soulève des vraies divergences idéologiques qui sont autrement plus intéressantes que le désir de Bertrand Delanoë de prendre la place de l'ex candidate dans le coeur des militants ou des envies de revanche de Martine Aubry. En tout cas, il est de loin le plus respectacle (avec Jean Luc Mélenchon) dans son opposition à Ségolène Royal.
Pour conclure quel avenir voyez-vous à Ségolène Royal?
Je ne suis pas devin. Mais je pense qu'elle n'a pas fini de nous surprendre et que ses rivaux feraient une lourde erreur de vouloir l'écarter un peu trop vite de la vie du PS. C'est une personnalité qui compte dans le paysage politique français et dont l'influence morale demeure forte. Ce qui n'est pas forcément le cas de ceux qui lui contestent actuellement le leadership.
Si Ségolène Royal continue de travailler, donne une densité et clarté bienvenues à sa pensée politique, gagne en présidentiabilité, ne se coupe pas de la base et conforte son image auprès des militants socialistes et de l'électorat de gauche, elle peut parfaitement réussir son pari de rempiler pour une deuxième tentative présidentielle en 2012. Je ne vois pas qui pourrait alors lui barrer la route. C'est en tout cas mon souhait.
PS: pour ceux qui souhaitent entrer en contact avec lui, il a accepté gentiment de communiquer son mail: freddypambou_fr@yahoo.fr
Le congrès de Reims du Parti Socialiste est engagé. Comme d’habitude, nous avons eu droit à des
contributions, aujourd’hui oubliées, et maintenant à des motions soumises aux votes. Chacune d’elles étale ses soutiens pour impressionner les militants. On refait chaque fois la même
chose, à chaque congrès depuis Epinay, et cela dure depuis … 37 ans. Pourtant le monde a changé, la France a changé, les esprits ont changé et la gauche se cherche une nouvelle identité, de
nouveaux modes de fonctionnement et un nouveau leader face à Nicolas Sarkozy.
Mais, c’est quand même à vous, militants que reviendra le dernier mot, c’est vous qui allez
voter. Plus vous serez nombreux à le faire, plus votre expression se libérera des vieilles contraintes héritées du passé. Je pense particulièrement à ceux d’entre vous qui, marqués par la
déception après l’enthousiasme de la campagne présidentielle, hésitez encore à reprendre votre carte 2008. Si vous le faites, chers amis, vous pourrez vous exprimer, faire connaître votre
sentiment et peser sur la décision !
Une expression qui vous revient de droit, à vous aussi bien qu’à celles et ceux qui sont à jour de leurs
cotisations. Vous vous rendez compte, nous nous rendons compte que la plupart des éléphants et éléphanteaux qui ont concocté certaines de ces fameuses motions sont conditionnés par la crainte
qu’ils ont de voir leurs habitudes et leurs prérogatives bousculées … Ils veulent bien parler de ravaler la façade du parti, mais redoutent visiblement cette rénovation en profondeur et ce
rajeunissement dont le PS a un urgent besoin ! Leurs coalitions sont, hélas, celles de l’immobilisme, cet immobilisme qui me rappelle étrangement les dernières années de la SFIO, quand nous,
les jeunes de l’époque au PSU, mais aussi d’ailleurs, en luttant contre les tortures en Algérie, voulions mettre ces « vieilles barbes » à la Guy Mollet à la retraite, pour bâtir du
neuf et du vivant, pour reconstruire un parti qui bouge !
En effet, parmi les motions présentées, certaines incarnent la pérennité de l’ordre ancien où se font
discrets, pour l’instant, les principaux antagonistes des luttes passées ! Laurent Fabius et Lionel Jospin, pour ne citer qu’eux, tout en respectant leurs personnes, sont encore là et
continuent, par personnes interposées, et à travers les désolantes querelles qui opposent publiquement Martine Aubry et Bertrand Delannoé, à régler leurs comptes. Car ils jouent en fait un rôle
plus important que ne laisse paraître la discrétion à laquelle ils croient opportun de momentanément se résoudre …
Puisse chaque militant avoir conscience, encore plus aujourd’hui qu’hier, de l’importance de son
vote ! Ami, tu n’as besoin d’aucun conseil de personne et tu disposes de ton entière liberté de choix. Quand tu te retrouveras seul dans l’isoloir, tu seras, en effet, libéré de toute forme
de pression, si amicale soit-elle, et à même de faire le choix que te dicte ta conscience !
Peut-être as-tu vu l’émission « Danièle MITTERRAND l’insoumise » publiée
sur Arte le vendredi 3 octobre. Le soir du second tour des présidentielles, dans la voiture de Danièle, la radio annonce « Nicolas Sarkozy est élu président de la
République », « arrêtez et mettez de la musique » demande-t-elle au chauffeur. C’est Brel qui chante « Quand on a que l’amour ». Elle sourit, évoque ce qui
attend Ségolène : « Ca va être terrible pour elle. Elle va être coupée en morceaux. Quand le parti veut démolir quelqu’un, il sait faire. C’est maintenant que je
pourrais me rapprocher d’elle. On peut la critiquer, dire ce qu’on veut, mais qu’est-ce qu’elle a donné ! »
Ce sont les derniers mots de l’émission. Danièle Mitterrand avait vu juste, hélas et cela continue, même
en termes feutrés, dans la vie du PS aujourd’hui ! Tout simplement parce que Ségolène a la volonté et le courage de faire bouger les choses afin de faire prévaloir dans notre parti le
renouveau dont il a un urgent besoin.
13 / 10 /
2008
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